Google a lancé son nouveau smartphone milieu de gamme, le Pixel 10a. Au programme : quelques nouveautés, notamment du côté du design, ainsi qu’une autonomie toujours solide. Mais en y regardant de plus près, les similitudes avec le Pixel 9a sont nombreuses. De quoi s’interroger sur l’utilité réelle de ce nouveau modèle. Google s’est-il contenté d’un simple recyclage ?
Un design presque inchangé… mais un dos inédit
À première vue, le Pixel 10a ressemble beaucoup au Pixel 9a. Les lignes sont familières et Google n’a clairement pas cherché à révolutionner l’esthétique de son smartphone.
La principale différence se situe à l’arrière. Le socle photo ne dépasse plus du tout : le dos est parfaitement lisse et les capteurs sont dissimulés sous le châssis. C’est discret et plutôt élégant. Cela ne casse pas trois pattes à un canard au premier regard, mais c’est pourtant assez innovant puisque peu de smartphones proposent aujourd’hui un module photo totalement intégré.
Cette intégration a toutefois un petit prix. Pour accueillir les capteurs sans bosse, le téléphone reste assez épais. Rien d’extraordinaire, mais cela se ressent légèrement en main.
Un écran correct… mais des bordures trop visibles
Côté écran, le Pixel 10a embarque une dalle P-OLED de 6,3 pouces en Full HD, avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz. Sur le papier, la fiche technique est solide pour un smartphone de milieu de gamme. Comme souvent dans cette catégorie, la fréquence bascule automatiquement à 60 Hz sur les images statiques afin d’économiser de l’énergie. La dalle n’est pas suffisamment dynamique pour descendre à 1 Hz, comme certains modèles plus premium.
Le véritable problème vient surtout des bordures autour de l’écran, particulièrement visibles. Elles donnent selon nous un côté bas de gamme, presque amateur, qui tranche avec le reste de la proposition. C’était déjà le cas sur le modèle précédent et Google ne corrige pas vraiment le tir.
La luminosité a bien été légèrement revue à la hausse, mais dans la pratique cela ne change pas grand-chose au quotidien.
Des performances solides malgré un processeur recyclé
C’est sans doute la plus grosse surprise de ce Pixel 10a. Google a choisi de conserver le processeur du modèle précédent, le Tensor G4, alors que la série Pixel 10 est passée au Tensor G5. C’est la première fois que Google ne suit pas la logique habituelle qui consistait à intégrer le processeur de la génération flagship dans sa gamme “a”.
Heureusement, dans l’usage quotidien, l’expérience reste très agréable. L’interface est fluide, les applications se lancent rapidement et l’ensemble reste parfaitement réactif.
On retrouve toutefois les mêmes limites que précédemment : les gros jeux 3D peuvent montrer quelques signes de fatigue avec les réglages graphiques élevés. Rien d’inattendu sur ce segment, mais ce choix de recyclage mérite tout de même un avertissement. Attention Google : la concurrence progresse vite sur le milieu de gamme.
Un logiciel toujours aussi propre
Le Pixel 10a tourne sous Android 16, avec l’interface Material You chère à Google. Parmi les nouveautés, le smartphone gagne la compatibilité avec Apple AirDrop via la fonction de partage de Google. Nous n’avons pas eu l’occasion de tester cette fonctionnalité, mais sur le papier, c’est une très bonne nouvelle pour faciliter les échanges de fichiers entre Android et iOS.
Comme toujours chez Google, l’expérience logicielle reste simple, fluide et sans surcouche inutile, avec toute une panoplie d’applications IA parfaitement intégrées à l’ensemble de l’expérience. On sait qui chapeaute Android.
On note une grosse nouveauté : le Pixel 10a intègre le support des messages SOS par satellite. Un gadget pour la plupart des utilisateurs, mais qui peut s’avérer très utile en situation d’urgence lorsque aucun réseau n’est disponible.
Photo : Google reste la référence du milieu de gamme
Google n’a pas changé sa formule par rapport au Pixel 9a. On retrouve exactement les mêmes composants photo : un capteur principal de 48 Mpx (f/1.7) et un ultra grand-angle de 13 Mpx (f/2.2).
Ce n’est pas forcément une mauvaise chose puisque le modèle précédent excellait déjà sur cette gamme de prix. Le secret reste le traitement logiciel, domaine dans lequel Google conserve une nette avance.
Le Pixel 10a parvient à sublimer les photos malgré des capteurs de milieu de gamme. La colorimétrie est excellente, les contrastes sont bien maîtrisés et le mode vision de nuit reste l’un des meilleurs du marché dans cette catégorie.
À cela s’ajoute toute la panoplie d’outils d’IA développés par Google : Éditeur magique, M’ajouter et Coach Photo. Comme à son habitude, Google ne déçoit jamais sur la partie photo, mais ça commence à faire beaucoup de recyclage tout de même. De sorte qu’on se demande s’il ne serait pas plus intéressant de se tourner vers le Pixel 9a directement, encore plus abordable aujourd’hui ?
Une autonomie solide, mais une charge lente
Côté batterie, l’autonomie reste très intéressante pour un smartphone de cette gamme. Le Pixel 10a tient facilement une journée complète, avec encore un peu de marge en soirée. Comme pour se faire pardonner de son recyclage, le géant américain assure même que les optimisations logicielles ont permis d’augmenter l’autonomie.
On note également que Google a amélioré légèrement la recharge filaire en passant de 18 W à 30 W. Une évolution appréciable… mais qui reste loin de la concurrence. Dans les faits, le temps de charge dépasse encore une heure trente, là où plusieurs fabricants chinois font bien mieux dans cette tranche de prix.
Autre absence notable : contrairement aux Pixel 10 et Pixel 10 Pro, le Pixel 10a ne prend pas en charge la norme Qi2.
Enfin, Google reste très généreux sur le suivi logiciel. Le Pixel 10a bénéficie toujours de 7 ans de mises à jour Android et de sécurité, un argument majeur face à la concurrence. Le smartphone conserve également une certification IP68, gage de résistance à l’eau et à la poussière.
Conclusion
Le Pixel 10a est de toute évidence un excellent smartphone de milieu de gamme. L’expérience est fluide, la photo toujours au sommet de la catégorie et l’autonomie solide. Google ajoute également quelques bonus appréciables comme le SOS par satellite, 7 ans de mises à jour ou encore la compatibilité avec AirDrop. Mais difficile d’ignorer le sentiment de recyclage qui se dégage de cette génération. Design très proche, processeur identique et capteurs photo inchangés : Google joue clairement la carte de la prudence. Le Pixel 10a demeure donc un choix sûr et efficace, même si on aurait peut-être tendance à se tourner vers le modèle précédent, histoire de réaliser une belle économie pour une expérience globale très similaire.

