Test-Achats et Unia: « La politique tarifaire de la SNCB est discriminatoire »

Les associations de consommateurs Test-Achats et Unia, le centre pour l’égalité des chances, ont donné un ultimatum à la SNCB pour qu’elle modifie sa politique tarifaire. Ils soulignent que certains billets sont moins chers lorsque les voyageurs les achètent via l’application. « Il s’agit d’une forme cachée de discrimination », déclarent-ils. « Tout le monde n’a pas accès à un smartphone. » Si la SNCB ne réagit pas, les deux organisations envisagent de saisir le tribunal.

Dans l’actualité : ceux qui achètent un billet via l’application de la SNCB paient parfois moins cher que ceux qui l’achètent à un guichet physique. Cela déplaît à Test-Achats et Unia.

  • « Le Standard Multi, la carte de 10 trajets, est proposé par la SNCB à 3 euros de moins via l’application numérique que via les guichets et distributeurs automatiques », explique l’association de consommateurs. « Pour le Youth Multi, l’équivalent du Standard Multi pour les personnes de moins de 26 ans, la différence de prix entre la version numérique et la version physique est de 2 euros. »
  • De plus, certains billets sont exclusivement proposés par des canaux numériques. Test-Achats mentionne spécifiquement l’abonnement Flex, qui permet de voyager sur le même trajet 2 à 3 fois par semaine. « Les voyageurs sans smartphone n’ont pas accès à ce billet avantageux », indiquent-ils.

« Discrimination cachée »

Détails : Test-Achats et Unia parlent d’une forme cachée de discrimination.

  • « Certains voyageurs n’ont pas les moyens financiers pour acheter et utiliser un smartphone et/ou ne sont pas capables de travailler avec un smartphone en raison de leur âge, état de santé ou handicap », explique Unia.
  • « Le raccourcissement des horaires d’ouverture des guichets au 1er mars 2024 poussera évidemment encore plus les voyageurs vers l’usage exclusif des outils numériques », poursuit Unia.

Mais : selon la SNCB, le contrat de gestion permet d’appliquer une réduction de prix pour les produits numériques.

  • L’entreprise ferroviaire affirme en outre qu’il ne s’agit que d’un nombre limité de billets et que la différence de prix est minime. De plus, les produits numériques réduisent les possibilités de fraude, diminuent les discussions avec les contrôleurs et améliorent la facilité d’utilisation.
  • Unia et Test-Achats ne trouvent pas ces arguments convaincants. Ils rappellent que la SNCB a rejoint la plateforme DigitAll, qui prône l’inclusion numérique. « Un tel engagement ne doit pas se limiter à appeler les autorités à améliorer les compétences numériques des utilisateurs finaux par le biais de formations. Il y aura toujours des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas utiliser les offres numériques », poursuivent les deux organisations. Selon elles, la société de transport, en tant qu’exécutant d’un contrat de service public pour organiser les transports en commun, doit montrer l’exemple.
  • Test-Achats et Unia donnent donc un ultimatum à la SNCB. L’entreprise publique a jusqu’au 31 août 2024 pour confirmer qu’elle n’appliquera plus de tarifs avantageux numériques et n’offrira plus d’offres exclusivement numériques. Si la SNCB ne change pas de cap d’ici la fin de l’été, les deux organisations saisiront le tribunal pour contester cette forme de discrimination numérique.
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