Principaux renseignements
- Taïwan construit des flottes de drones « Hellscape » pour rendre toute invasion chinoise d’un coût prohibitif.
- Le conflit en Ukraine inspire une transition vers des systèmes sans pilote abordables et maniables.
- Le gouvernement souhaite acquérir plus de 210 000 drones maritimes et aériens.
Afin de dissuader une éventuelle prise de contrôle militaire par la Chine, Taïwan met en place d’immenses flottes de navires de surface sans pilote et de drones aériens. C’est ce que rapporte The New York Times.
Cette stratégie, appelée « modèle « paysage infernal » », a été élaborée avec les conseils de responsables militaires américains. L’objectif est de créer un environnement défensif si meurtrier — grâce à un déluge de missiles, d’artillerie et de drones — que Pékin jugerait un débarquement amphibie trop coûteux pour tenter de le mener à bien.
Leçons tirées de l’Ukraine
La transformation militaire de Taïwan a été fortement influencée par le conflit en Ukraine. En adoptant une tactique de type « David contre Goliath », Taipei entend utiliser des drones abordables et maniables pour neutraliser la supériorité numérique de l’armée chinoise. Selon le lieutenant-général Huang Wen-chi, l’orientation stratégique de Taïwan a évolué rapidement au cours des deux dernières années afin de rattraper son retard en matière de capacités de drones et de contre-drones.
Le gouvernement vise à acquérir plus de 210 000 drones maritimes et aériens, avec un objectif de production de 100 000 unités par mois d’ici 2030. Les analystes militaires suggèrent que ces outils pourraient être utilisés pour frapper des navires chinois alors qu’ils se trouvent encore à quai. Cela s’apparente aux attaques à longue portée menées par l’Ukraine en Russie.
Important fabricant de drones
Parallèlement à ses efforts de défense, Taïwan se positionne comme l’un des principaux fournisseurs mondiaux de composants pour drones afin d’aider les nations démocratiques à réduire leur dépendance vis-à-vis du matériel chinois.
Cette évolution est déjà visible dans les données économiques. Les exportations de drones au premier trimestre 2026 ont atteint 115 millions de dollars, dépassant le total de l’année précédente. Si la République tchèque est le principal acheteur, on estime qu’une grande partie de ces systèmes est réacheminée vers l’Ukraine.
Le Japon
Le Japon suit une voie similaire, en analysant les données de combat ukrainiennes pour développer des intercepteurs à faible coût destinés aux drones de type iranien. Tokyo a alloué environ 1,7 milliard de dollars dans son budget 2026 aux technologies sans pilote, notamment à l’initiative « SHIELD » destinée à protéger ses îles périphériques.
La Chine développe sa propre technologie
Dans le même temps, la Chine fait progresser ses propres technologies de « essaim ». Son système Atlas est capable de coordonner 96 drones à voilure fixe à partir d’un seul véhicule, en utilisant l’IA pour attribuer des rôles spécifiques de reconnaissance, de guerre électronique et d’attaque. Les experts soulignent que de telles vagues pilotées par l’IA pourraient potentiellement contourner les défenses aériennes pour frapper au cœur du territoire ennemi sans être détectées. (fc)
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