Principaux renseignements
- Le forage effectué par la Chine dans la zone économique exclusive (ZEE) de Taïwan est contraire au droit international, selon le gouvernement taïwanais.
- Les experts estiment que cette action reflète la stratégie de Pékin visant à affirmer son contrôle sur les territoires contestés.
- La réaction de Taïwan est limitée en raison de son statut politique et de l’absence d’une puissance maritime suffisante.
Le gouvernement taïwanais a accusé la Chine de violer le droit international en procédant à des forages pétroliers et gaziers dans la zone économique exclusive (ZEE) de Taïwan. Cette accusation fait suite à des rapports révélant la présence de plusieurs plates-formes pétrolières chinoises et de navires de soutien opérant près des îles Pratas, qui sont contrôlées par Taïwan.
Réponse de Taïwan
Selon un rapport de la Fondation Jamestown, ces actifs sont présents dans la région depuis cinq ans et appartiennent à l’entreprise publique China National Offshore Oil Corporation (CNOOC). La présence continue des plates-formes a été confirmée de manière indépendante par The Guardian à l’aide de plates-formes commerciales de suivi maritime.
Le bureau présidentiel de Taïwan a demandé à la Chine d’expliquer ses actions et de cesser immédiatement les activités de forage non autorisées dans la ZEE de Taïwan. Ils affirment que ces actions violent les normes juridiques internationales, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), et menacent la stabilité régionale.
Analyse des experts
Les experts estiment que ces activités s’inscrivent dans la stratégie de Pékin, qui utilise des moyens militaires et commerciaux pour affirmer son contrôle sur des territoires contestés, en particulier dans la mer de Chine méridionale et autour de Taïwan, que la Chine souhaite annexer en tant que province. Le fait que cette activité se poursuive sans être détectée depuis cinq ans suscite l’inquiétude des analystes, qui craignent que l’absence de protestation ne normalise ce type d’empiètement.
Cependant, Taïwan se heurte à des limites pour faire face à cette situation. Son statut politique l’empêche d’être partie à l’Unclos ou à ses mécanismes d’arbitrage. En outre, il existe une ambiguïté quant aux parties de la ZEE qui sont activement appliquées par Taïwan, et le pays ne dispose pas d’une puissance maritime suffisante pour s’opposer directement à ces activités.
Recommandations pour Taïwan
Les experts recommandent à Taïwan de clarifier la responsabilité de la réponse à de tels incidents et d’établir des mesures diplomatiques et juridiques, y compris un soutien accru aux patrouilles de garde-côtes. La coopération internationale avec d’autres pays confrontés à des défis similaires de la part de la Chine est également cruciale. (uv)

