Principaux renseignements
- Subsea7 a remporté un contrat d’une valeur de 300 à 500 millions de dollars (entre environ 276 millions et 460 millions d’euros) auprès de Turkish Petroleum pour le développement du champ gazier de Goktepe en mer Noire.
- Le projet comprend l’installation de pipelines, d’ombilicaux et d’un riser de production pour relier Goktepe à l’infrastructure existante du champ de Sakarya.
- La Turquie poursuit ses initiatives de diversification énergétique, notamment un éventuel échange de gaz avec l’Italie utilisant le gaz libyen et azerbaïdjanais via les pipelines existants.
Subsea7, l’un des principaux fournisseurs d’ingénierie et de services offshore, a remporté un important contrat auprès du Turkish Petroleum Offshore Technology Centre (TP-OTC) pour le développement du champ gazier de Goktepe en mer Noire. Ce « gros » contrat, estimé entre 300 et 500 millions de dollars (entre environ 276 millions et 460 millions d’euros), représente une extension des travaux existants de Subsea7 sur la troisième phase du champ de Sakarya.
La mission comprend la conception et l’installation d’un vaste système sous-marin, incluant environ 20 kilomètres de conduites flexibles, 120 kilomètres d’ombilicaux ainsi qu’un riser de production, à installer à une profondeur d’environ 2 200 mètres. Ceux-ci relieront le champ de Goktepe, récemment découvert, à l’infrastructure existante des installations de la troisième phase de Sakarya, ce qui permettra d’augmenter la production de gaz et de répondre aux besoins énergétiques de la Turquie. Les activités offshore sont prévues pour 2027 et 2028.
Développement
Ce contrat fait suite à la récente découverte du champ gazier de Goktepe, qui recèle des réserves estimées à 2,6 milliards de pieds cubes de gaz. Turkish Petroleum agit rapidement pour développer cette nouvelle ressource, en la reliant au complexe de Sakarya. Cette stratégie de développement complexe implique une combinaison de raccordements sous-marins à la côte, de puits sous-marins reliés à des navires de production flottants et de lignes d’exportation supplémentaires vers le complexe de traitement de Filyos sur la côte.
Le projet Goktepe vient s’ajouter au portefeuille croissant de Subsea7 dans la région de la mer Noire. Il convient de noter que Subsea7 devrait fusionner avec Saipem en juin, cette dernière ayant déjà remporté un contrat EPCI distinct pour trois pipelines supplémentaires reliant Goktepe aux installations de la troisième phase de Sakarya.
Initiatives de la Turquie
Parallèlement, la Turquie explore de nouvelles opportunités pour renforcer sa sécurité énergétique et diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz. L’une de ces initiatives consiste en un partenariat potentiel avec la Libye pour fournir du gaz libyen au marché italien.
Le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a proposé un accord d’échange de gaz impliquant le gaz azerbaïdjanais. Cette stratégie permettrait de tirer parti de l’infrastructure pipelinière existante reliant le nord de la Libye à l’Italie, évitant ainsi le recours à la liquéfaction et au transport par méthaniers, qui sont coûteux.
Dans le cadre de cette proposition, le gaz libyen serait vendu directement au marché italien, tandis que l’Italie compenserait la Turquie avec du gaz azerbaïdjanais acheminé par le gazoduc transadriatique (TAP). Cette approche innovante vise à tirer parti de la proximité géographique de la Libye et de l’Italie tout en utilisant les infrastructures pipelinières existantes. En outre, la Turquie prévoit de participer activement à un nouveau cycle d’octroi de licences en Libye en février, signe de son engagement à étendre son empreinte énergétique dans la région.
La baisse des flux de gaz russes
Parallèlement, les flux de gaz vers l’Europe évoluent sensiblement. Depuis la disparition de la route de transit ukrainienne début 2025, les volumes restants de gaz russe acheminés par gazoduc vers l’Europe passent exclusivement par la Turquie, via la liaison TurkStream sous la mer Noire. En février, les exportations quotidiennes étaient légèrement inférieures à celles enregistrées un an plus tôt, tandis que les livraisons totales de gaz russe à l’Europe ont fortement reculé en rythme annuel par rapport aux niveaux historiques. Alors qu’en 2018 et 2019 la Russie atteignait encore des volumes record vers les marchés européens, les chiffres actuels sont retombés à leur plus bas niveau depuis des décennies.
Avec la diminution des volumes russes arrivant en Europe, la dynamique du marché gazier européen évolue et l’attention se porte davantage sur les routes d’approvisionnement restantes. La Turquie y occupe une place centrale, non seulement en tant que pays de transit via TurkStream, mais aussi comme acteur qui développe progressivement sa propre capacité de production grâce à des projets en mer Noire.
(jw)(fc)
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