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Silence mais pas de tempête à la table des négociations : Bart De Wever poursuit sa mission

Silence mais pas de tempête à la table des négociations : Bart De Wever poursuit sa mission
Le roi Philippe et Bart De Wever (N-VA) – ERIC LALMAND/BELGA MAG/AFP via Getty Images

Le formateur Bart De Wever (N-VA) s’est rendu lundi midi auprès du roi Philippe pour faire le point sur l’avancement des négociations. Contrairement aux précédentes rencontres, aucune difficulté majeure n’était attendue. Les négociations se poursuivent calmement, et De Wever a vu son mandat prolongé.


Principaux renseignements

  • Les négociations se déroulent dans une atmosphère constructive. Bart De Wever continue son travail en tant que formateur.
  • Le dossier de l’INAMI crée des frictions avec le MR.
  • Conclure un budget réformé à temps semble quasiment impossible.

Comme prévu : mandat prolongé pour Bart De Wever

  • Le roi Philippe a demandé à Bart De Wever de poursuivre sa mission. Le Palais a une nouvelle fois insisté pour que le formateur conclue ses discussions « dans les plus brefs délais ».
  • De Wever bénéficie d’un délai supplémentaire de deux semaines, jusqu’au 10 décembre, date à laquelle une nouvelle rencontre avec le roi est prévue.

« Toutes les parties sont prêtes à aller jusqu’au bout »

Dans l’actualité : des signaux positifs autour de la formation du gouvernement

  • De Wever parvient à maintenir toutes les parties autour de la table : N-VA, Vooruit, cd&v, MR et Les Engagés.
  • Les principaux négociateurs se concentrent pour l’instant sur des sujets moins complexes, comme l’énergie, le climat et la mobilité.
  • Les réformes majeures, notamment celles contenues dans la « supernote » de De Wever, ne sont pas encore discutées en profondeur. Les points sensibles, comme la norme de croissance dans les soins de santé, sont reportés.
  • En évitant les sujets conflictuels, les négociations se déroulent dans un calme relatif. La semaine dernière, des qualificatifs comme « intense mais constructif » étaient évoqués. Même lors des discussions sur les réformes institutionnelles, un sujet pourtant délicat, l’atmosphère est restée constructive, a confié un négociateur francophone à De Morgen.
  • De Wever insiste sur une stricte discrétion, ce qui semble porter ses fruits. Ces derniers mois, il était courant qu’une partie fasse des déclarations publiques pour exprimer son désaccord.
    • Conner Rousseau (Vooruit) avait quitté la table lorsque la supernote ne semblait pas assez équilibrée à son goût. Georges-Louis Bouchez (MR) avait également exprimé des réserves, dénonçant un manque d’équilibre.Si Vooruit plaide pour une contribution accrue des grandes fortunes, Bouchez et le MR rejettent toute hausse de la fiscalité.
  • Malgré des ajustements apportés à la supernote, les tensions sur les réformes socio-économiques demeurent. Bouchez s’oppose fermement aux « taxes anti-économiques », visant les actions, les entreprises et les gains de capital, alors que Vooruit soutient ces propositions.
  • Cependant, l’ambiance semble différente ces derniers jours. Pas de déclarations fracassantes dans la presse ni de conflits ouverts. « Pour la première fois, je sens que toutes les parties sont prêtes à aller jusqu’au bout », a confié un négociateur.

Le MR en position de blocage

À noter : La semaine à venir pourrait néanmoins s’avérer plus difficile.

  • Les sujets comme l’asile et la défense, moins sensibles, seront abordés, mais les discussions sur le budget et la fiscalité risquent de raviver les tensions.
  • Bouchez maintient fermement ses positions, et Vooruit reste vigilant. « Si la porte entrebâillée se referme, tout s’arrête », a averti Rousseau.
  • Denis Ducarme (MR) tente d’apaiser les tensions, affirmant : « Nous savons que l’accord gouvernemental ne sera pas notre programme de parti. Ce sera un compromis, mais il faut que toutes les parties soient prêtes à faire des concessions. »
  • Dans le même temps, un autre dossier suscite des frictions : l’approbation du budget de l’INAMI, qui gère les allocations de maladie et d’invalidité.
  • Frank Vandenbroucke (Vooruit), ministre démissionnaire de la Santé, souhaite que le gouvernement en affaires courantes approuve le maintien de la norme de croissance à 2,5 %.
  • Les libéraux s’y opposent. Le Premier ministre démissionnaire Alexander De Croo (Open Vld) estime que ce budget relève de la prochaine coalition, ce qui irrite Vooruit et le cd&v.

« Un budget à temps est impossible »

À suivre : Que faire avec le budget provisoire ?

Le kern de la coalition Vivaldi se réunit lundi soir pour discuter d’un budget d’urgence pour 2025, basé sur des douzièmes provisoires.

  • Ce système limite les dépenses mensuelles à un douzième du budget de l’année précédente, rendant toute réforme impossible.
  • Pourtant, la Commission européenne exige un plan ambitieux pour réduire le déficit budgétaire. À défaut d’action, ce déficit atteindra 4,9 % du PIB en 2025, selon ses projections.
    • Eva De Bleeker (Open Vld), ancienne secrétaire d’État au Budget, estime que respecter les délais est irréalisable. « Préparer un budget complet avec toutes les réformes demandées prend des mois », a-t-elle expliqué.
    • Le négociateur Jan Jambon (N-VA) propose que le budget provisoire soit maintenu jusqu’en mars, le temps qu’un nouveau gouvernement prenne le relais.
  • « Même si nous ne parvenons pas à faire adopter le budget cette année, nous pourrions faire voter une loi contenant des réformes clés. Si toutes les parties restent aussi constructives qu’actuellement, je suis optimiste », a déclaré un négociateur.
  • Denis Ducarme a résumé la situation : « Notre optimisme n’est pas un choix, mais une obligation. » Open Vld reste sceptique, soulignant que les délais sont trop serrés pour éviter les douzièmes provisoires.
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