Selon les services de renseignement, l’Iran cible les communautés juives en Europe


Principaux renseignements

  • Les autorités européennes enquêtent sur une vague d’attaques antisémites qui seraient orchestrées par l’Iran par le biais d’un recrutement en ligne et d’un groupe terroriste fictif.
  • Le Mouvement islamique des compagnons vertueux a revendiqué ces incidents. Mais les services de renseignement ignoraient l’existence de ce groupe avant la récente recrudescence de la violence.
  • Cette campagne est probablement une riposte aux actions accrues des États-Unis et d’Israël contre l’Iran et vise à semer la confusion.

Les autorités européennes enquêtent sur une vague d’attentats visant des lieux juifs dans toute l’Europe occidentale. Selon le Wall Street Journal, les enquêteurs soupçonnent l’Iran d’avoir orchestré cette campagne par le biais d’un recrutement en ligne et d’un groupe fictif utilisé pour revendiquer ces attentats. Des responsables de la sécurité cités dans l’article estiment que des agents iraniens ont recruté des personnes en ligne pour commettre des attentats contre des écoles juives, des synagogues et des entreprises ayant des liens avec Israël. Ces attentats auraient été une réaction à l’offensive américaine et israélienne contre Téhéran.

Menace inconnue

Un groupe se faisant appeler le Mouvement islamique des compagnons vertueux a revendiqué la responsabilité de la plupart de ces attentats. Pourtant, avant les événements de ce mois-ci, les services de renseignement européens ne connaissaient pas encore ce groupe.

Le 23 mars, le groupe a revendiqué l’incendie d’une voiture dans le quartier juif d’Anvers et d’ambulances d’un service d’aide juif à Londres. Plus tôt ce mois-ci, des synagogues et une école juive en Belgique et aux Pays-Bas ont été la cible de bombes incendiaires. Les autorités néerlandaises ont également déjoué un attentat contre une synagogue à Heemstede après avoir découvert plusieurs engins explosifs.

Propagande

Les chercheurs cités dans le rapport du Wall Street Journal ont fait remarquer que des vidéos de ces attentats avaient été diffusées via des réseaux sociaux pro-iraniens. Dans au moins un cas, quelqu’un a également annoncé l’attaque à l’avance. Dans un message daté du 16 mars, le groupe a également appelé les citoyens de l’Union européenne à rompre leurs liens avec les intérêts américains et sionistes. Selon les experts, l’Iran peut semer la confusion grâce à ce modèle tout en continuant à nier son implication dans ces attentats.

Les responsables n’attribuent pas officiellement ces attentats à l’Iran, mais ils soupçonnent le pays de participer à ces attaques. Le rapport compare cette méthode aux techniques de sabotage utilisées par la Russie en Europe. Des agents auraient utilisé des personnes ignorantes qu’ils ont recrutées via les réseaux sociaux. Les services de renseignement soupçonnent également que des réseaux de proxy iraniens existants, composés de figures issues du crime organisé et des communautés chiites, pourraient être impliqués dans la dernière vague d’attentats.

Mesures de sécurité

En raison des problèmes de sécurité, certains diplomates israéliens et employés d’organisations juives en Europe travaillent déjà depuis leur domicile. Cette affaire coïncide également avec des avertissements plus généraux selon lesquels les opérations hostiles en Europe deviennent de plus en plus agressives et variées. Les responsables allemands avertissent que la campagne hybride menée par la Russie s’intensifie. L’espionnage, le sabotage et d’autres activités hostiles soumettent Berlin à une pression croissante de la part de Moscou.

Le président des services de renseignement intérieurs allemands, Sinan Selen, a fait remarquer que les acteurs étrangers prennent des risques de plus en plus importants, les attentats meurtriers n’étant plus exclus. Selon lui, la Russie considère de plus en plus l’Allemagne comme un adversaire. Elle cible également de plus en plus les réseaux logistiques, les entreprises de défense et les entreprises technologiques dans ses opérations. Cette tendance s’inscrit dans un schéma européen plus large. Depuis février 2022, on a déjà recensé 151 attaques hybrides liées à la Russie sur l’ensemble du continent, allant d’incendies criminels à des tentatives d’attentats à la bombe. (ev)(fc)

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