Principaux renseignements
- Le ministère russe des Sciences et de l’Enseignement supérieur fait pression sur les universités pour qu’elles recrutent au moins 2 pour cent de leurs étudiants de sexe masculin dans le cadre de contrats militaires.
- Cette initiative pourrait potentiellement rapporter jusqu’à 76 000 nouvelles recrues à l’armée russe si l’on inclut les écoles techniques.
- Malgré les promesses d’avantages et la possibilité de reprendre ses études, les experts avertissent que les contrats proposés par les universités ne garantissent pas nécessairement des postes spécifiques ni une résiliation anticipée.
Le ministère russe des Sciences et de l’Enseignement supérieur a ordonné aux recteurs d’université de veiller à ce qu’au moins 2 pour cent de leurs étudiants signent des contrats pour le service militaire. Cette directive a été émise plus tôt cette année lors d’une réunion avec les dirigeants des plus grandes universités du pays, selon Faridaily, qui cite un recteur anonyme d’un établissement basé à Moscou.
Jusqu’à 76 000 recrues
Si l’objectif est atteint, l’armée d’invasion russe pourrait recruter environ 44 000 nouvelles recrues parmi les quelque 2,2 millions d’étudiants de sexe masculin inscrits dans les universités russes en 2025.
L’extension de l’objectif de 2 pour cent aux écoles techniques pourrait potentiellement permettre de recruter 32 000 personnes supplémentaires signant des contrats avec le ministère russe de la Défense, portant le total à 76 000.
Promesses incertaines
Pour encourager la participation, on promet aux étudiants la possibilité de reprendre leurs études après avoir rempli leurs obligations contractuelles et on leur rappelle les compensations financières substantielles et les avantages offerts à ceux qui participent au conflit contre l’Ukraine. Les efforts visant à encourager les étudiants à s’engager dans des contrats militaires sont en cours depuis fin 2022, l’accent étant principalement mis sur le recrutement de personnes pour les unités de systèmes sans pilote.
Des rapports indiquent qu’au moins 70 établissements d’enseignement russes ont collaboré au recrutement d’étudiants pour la guerre en Ukraine depuis février. Les étudiants sont confrontés à des tactiques de pression, notamment des réunions de recrutement obligatoires et des mesures disciplinaires potentielles en cas d’absence. Dans certains cas, les étudiants en difficulté sont convoqués individuellement par les autorités universitaires et encouragés à signer des contrats.
Cependant, les défenseurs des droits de l’homme et les experts juridiques mettent en garde contre le fait que les promesses des universités pourraient ne pas être tout à fait exactes. Les contrats militaires standard proposés aux étudiants ne prévoient généralement pas de clause de résiliation anticipée. Un avenant à un contrat obtenu par des étudiants d’un établissement précise explicitement que le service dans des unités de drones n’est pas garanti et que les soldats pourraient être réaffectés à d’autres branches, comme l’infanterie.
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