Principaux renseignements
- Une éventuelle acquisition de Glencore par Rio Tinto pourrait créer la plus grande société minière du monde.
- La fusion potentielle vise à tirer parti de la forte demande croissante en cuivre, stimulée par les énergies renouvelables et l’intelligence artificielle.
- La surveillance réglementaire et les préoccupations des investisseurs concernant un éventuel surcoût constituent les principaux défis auxquels la transaction est confrontée.
Le paysage minier mondial pourrait connaître des changements radicaux maintenant que Rio Tinto a entamé des discussions préliminaires en vue du rachat de Glencore. Cette fusion donnerait naissance à la plus grande société minière au monde, avec une capitalisation boursière combinée de près de 207 milliards de dollars (environ 177,7 milliards d’euros).
Cette initiative intervient alors que la demande en métaux tels que le cuivre est en forte hausse, stimulée par la transition mondiale vers les énergies renouvelables et l’essor de l’intelligence artificielle.
Négociations infructueuses
Cette fusion potentielle fait suite à des négociations infructueuses entre les deux sociétés fin 2024, lorsque Glencore avait engagé les discussions. Rio Tinto et Glencore restent discrètes sur les détails d’un éventuel accord, notamment sur les actifs concernés et la direction de la nouvelle entité.
Le regain d’intérêt de Rio Tinto pour Glencore fait suite à des changements à la direction de l’entreprise. Le nouveau PDG, Simon Trott, qui a pris ses fonctions en août, est connu pour être plus réceptif aux transactions à grande échelle que son prédécesseur.
Les analystes de Jefferies estiment que, même si la structure d’une telle fusion serait complexe, elle pourrait créer une valeur significative pour les deux sociétés. Cependant, le scepticisme des investisseurs à l’égard de l’accord est évident dans le cours de l’action Rio Tinto, qui a chuté après la confirmation des discussions. Les inquiétudes portent principalement sur la possibilité que Rio Tinto surpaye Glencore.
Focus sur le cuivre
Les deux sociétés se concentrent désormais sur le cuivre, un élément crucial dans la transition vers une énergie plus propre et la prolifération des centres de données alimentant l’intelligence artificielle. La demande mondiale de cuivre devrait augmenter de 50 pour cent d’ici 2040, ce qui rend urgent le besoin d’intensifier les efforts d’extraction et de recyclage.
Le sort des actifs charbonniers de Glencore reste incertain, Rio Tinto ayant cédé ses propres activités charbonnières en 2018. Certains investisseurs estiment que les actifs charbonniers de Glencore devraient être vendus afin d’obtenir le soutien des actionnaires australiens de Rio Tinto.
Obstacles
Les obstacles réglementaires doivent également être pris en compte, la Chine, premier consommateur de métaux industriels, étant susceptible d’examiner l’opération sous l’angle des règles antitrust. La valeur boursière de l’entité fusionnée dépasserait celle du groupe australien BHP, actuellement évaluée à 161 milliards de dollars (environ 138,2 milliards d’euros).
Certains analystes estiment que l’expérience de Glencore dans le domaine du négoce et sa culture axée sur les résultats pourraient compléter les activités de Rio Tinto, tandis que d’autres mettent en garde contre le risque de surpayer l’acquisition. Le succès d’une éventuelle fusion dépendra de la capacité à trouver une structure qui apporte de la valeur aux deux entreprises et réponde aux préoccupations des investisseurs. (fc)
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