Principaux renseignements
- Les escroqueries par hameçonnage sont en forte augmentation en Belgique, sous l’impulsion des réseaux organisés de trafic de drogue.
- Les victimes subissent des pertes financières croissantes, la province d’Anvers ayant déjà enregistré près de 10 millions d’euros de dommages cette année.
- L’intelligence artificielle donne plus de moyens aux criminels, en automatisant les campagnes d’hameçonnage et en les rendant accessibles même aux jeunes.
L’augmentation des escroqueries par hameçonnage est directement liée à la croissance du trafic de drogue organisé. Catherine Van de Heyning, magistrate à Anvers, souligne dans Het uur van de waarheid sur Radio 1 la violence croissante associée à ces crimes en raison des sommes d’argent importantes en jeu. Cette tendance coïncide avec une augmentation des signalements d’hameçonnage, exacerbée par l’accessibilité offerte par l’intelligence artificielle (IA).
Augmentation des taux d’hameçonnage
L’hameçonnage reste un problème persistant en Belgique, les statistiques alarmantes du Centre de cybersécurité (CCB) indiquant une forte augmentation de la fraude sur Internet. Van de Heyning qualifie les chiffres de 2025 d’« extrêmement préoccupants ». Rien que dans la province d’Anvers, les familles ont perdu 60 millions d’euros à cause de l’hameçonnage et des escroqueries en ligne l’année dernière, ce qui a donné lieu à 7 500 plaintes.
Non seulement le nombre de victimes augmente, mais les pertes financières qu’elles subissent sont également en hausse. Cette tendance à la hausse ne montre aucun signe de ralentissement. Depuis décembre, on observe une accélération spectaculaire, les mois de janvier et février 2026 ayant atteint des niveaux records par rapport à la même période l’année dernière. Rien qu’à Anvers, les escroqueries par hameçonnage ont déjà causé près de 10 millions d’euros de dommages et donné lieu à 800 nouveaux cas.
Nouvelle tactique fait son apparition
Une nouvelle tactique de phishing, dans laquelle les criminels se font passer pour des employés des télécommunications et incitent les victimes à télécharger des applications malveillantes, contribue à cette augmentation. Cependant, les chiffres rapportés ne représentent qu’une fraction du problème réel. Les experts estiment que de nombreuses personnes, en particulier celles qui ont perdu de petites sommes, choisissent de ne pas signaler ces incidents aux autorités.
Van de Heyning souligne le lien croissant entre le phishing et les réseaux organisés de trafic de drogue existants, en particulier dans des villes comme Anvers et Bruxelles. Les groupes criminels utilisent souvent les mêmes individus pour les activités liées à la drogue et les escroqueries par phishing, ce qui démontre une convergence entre ces entreprises criminelles.
Relation cyclique
La tendance suggère une relation réciproque : les trafiquants de drogue se tournent de plus en plus vers le phishing pour générer des revenus illicites, tandis que les criminels en herbe peuvent initialement se livrer au phishing afin d’accumuler des fonds pour se lancer dans le trafic de drogue. Van de Heyning décrit cette évolution comme « plus professionnelle, plus rapide et plus agressive », motivée par le passage aux services bancaires en ligne et la vulnérabilité des personnes âgées qui sont moins familiarisées avec les mesures de sécurité numérique.
La gravité de la cybercriminalité s’intensifie, entraînant des sanctions plus sévères. L’afflux d’argent alimente la violence, et les forces de l’ordre trouvent de plus en plus souvent des armes lors de leurs descentes. Des personnes précédemment condamnées pour des infractions liées à la drogue font désormais l’objet de poursuites pour des cybercrimes, ce qui indique un effacement des frontières entre ces activités criminelles.
Rôle de l’IA
La technologie de l’IA joue un rôle important dans la recrudescence des escroqueries par hameçonnage, en automatisant le processus et en permettant aux criminels de cibler simultanément un grand nombre de victimes potentielles. Les robots vocaux alimentés par l’IA peuvent imiter les voix humaines avec une précision croissante et même adopter différents accents, ce qui rend plus difficile la détection des appels frauduleux.
L’accessibilité des applications de phishing conviviales réduit encore davantage les obstacles à l’entrée pour les criminels. Des jeunes, parfois âgés de seulement 14 ou 15 ans, se livrent à ces escroqueries en raison de la facilité avec laquelle elles peuvent être mises en œuvre.
Opération complexe
Si l’IA automatise une grande partie du processus, l’intervention humaine reste cruciale pour des tâches telles que la collecte des fonds volés ou la récupération des cartes bancaires des victimes. Cela met en évidence la nature complexe des opérations de phishing, qui combinent technologie et interaction humaine pour tromper des personnes sans méfiance.
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