Ce matin, une dernière réunion de la coalition Vivaldi a eu lieu, en prévision d’une commission des Affaires institutionnelles. L’objectif était d’essayer de réduire les dotations publiques généreuses accordées aux partis politiques en Belgique et de limiter la publicité en ligne.
- Les partis belges reçoivent ensemble 78 millions d’euros par an en dotations. Ce système, initialement conçu pour lutter contre la corruption, notamment après le scandale Agusta dans les années 90, semble aujourd’hui excessif : les caisses de nombreux partis sont pleines à craquer, avec des investissements importants dans l’immobilier et sur les réseaux sociaux, ralentissant ainsi la reconfiguration du paysage politique.
- En Flandre, le débat est vif, avec un consensus général sur la nécessité de réduire ces excès. Presque tous les partis flamands, y compris les partis d’opposition N-VA et Vlaams Belang, sont d’accord sur ce point.
- Groen, avec Kristof Calvo à sa tête, a fait de ce sujet un enjeu majeur du « renouveau politique », à réaliser durant cette législature. Un mouvement citoyen « We need to talk » a mené une campagne très professionnelle (et onéreuse) autour de cette question, accentuant la pression.
- Cependant, ce projet se heurte toujours aux vétos de deux partis majeurs : le PS et le MR refusent catégoriquement toute modification. « Le PS et le MR ne veulent pas de réduction des dotations, et le MR s’oppose également à la limitation de la publicité sur les réseaux sociaux », résume un participant à la réunion de ce matin.
- « C’est votre dernière chance de franchir un pas, Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez », a encore tweeté ce matin Jeremie Vaneeckhout (Groen). Mais il semble que rien ne changera durant cette législature.
- Le positionnement de Groen sur ce sujet est logique, Calvo étant en charge du dossier. Cependant, « il ne s’est pas vraiment rendu populaire au sein de la majorité et n’a pas suffisamment entretenu les relations avec les partis francophones dans ce dossier. Se contenter de crier en public au lieu de chercher un consensus n’est pas efficace », analyse un autre député sur les discussions au sein de la Vivaldi.
- Le député écologiste n’a toutefois su cacher sa frustration : « C’est incompréhensible. En sabotant une réforme du financement des partis, le MR et le PS militent pour les extrêmes. Georges-Louis Bouchez veut faire des économies sur tout et sur tout le monde, sauf lui-même. »
- Du côté d’Ecolo, le député Gilles Vanden Burre a insisté sur la « grosse résistance du MR », mais il a également dû admettre que le PS ne voulait pas de la réforme du financement des partis, estimant que la lutte contre les dépenses excessives sur les réseaux sociaux ne devaient pas enrayer d’autres dépenses légitimes, comme celles attribuées aux centres d’étude des partis, dont le puissant Institut Émile Vandervelde des socialistes.
- Du côté du MR, le député Mathieu Bihet regrette une réforme « tout ou rien ». Il affirme que son parti n’est pas opposé à la limitation des dépenses sur les réseaux sociaux, “à condition que tous les organismes qui reçoivent des dotations publiques ne puissent pas en faire”, a-t-il ajouté, interrogé par Belga.