Georges-Louis Bouchez (MR) doit chercher un nouveau candidat.
- Le départ surprise de Charles Michel. Dès vendredi, il a jeté l’éponge, renonçant à sa position de tête de liste pour les élections européennes sous l’étiquette du MR. Il terminera son mandat de président du Conseil européen jusqu’à la fin de cette année, évitant ainsi toute complication avec Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, qui aurait pu prétendre à la direction de ce Conseil. Un scénario qui semblait plausible après le départ anticipé de Michel.
- L’impact de cette décision est considérable. Michel a en effet essuyé de nombreuses critiques pour avoir abandonné prématurément son poste, créant un dangereux précédent pour sa fonction, selon les chefs d’État et de gouvernement.
- Les diplomates étaient également mécontents des motivations de Michel : il aurait aspiré à un poste de haut niveau dans la Commission européenne lors de la prochaine législature, ce qui a déclenché une campagne de rumeurs virulentes. « Tout pour ses propres intérêts », tel était le leitmotiv. Cette pression croissante a finalement compromis ses perspectives de carrière futures pour un poste de haut niveau : qui aurait été disposé à donner une chance à Michel ?
- Le Brabançon a donc choisi de renoncer à la tête de liste, restant en place jusqu’à la fin de son mandat. Dans une déclaration détaillée, il a d’abord largement vanté ses réalisations avant d’aborder le cœur du sujet dans les derniers paragraphes : « Mon choix a suscité une intense attention médiatique et des spéculations. Je m’y attendais, en raison de l’audace de ma décision. Cela a néanmoins provoqué des réactions extrêmes, non pas au sein, mais à l’extérieur du Conseil européen. Toutefois, cela ne doit pas détourner de la mission ou du travail à accomplir. C’est pourquoi, pour maintenir cette concentration sur la mission, je ne serai pas candidat. »
- Au MR, certains commentent que les critiques « vont parfois trop loin », et que « Charles est humain après tout ». Dans son communiqué, Michel fait également allusion « aux personnes proches de lui », qui ont trouvé la situation trop pesante.
- Aujourd’hui, La Meuse va plus loin et évoque une sorte de « burn-out », en se basant sur des confidences en coulisses du MR. Le journal y évoque aussi une sorte de règlement de comptes, où Michel a reçu un accueil glacial en interne pour son énième candidature en tête de liste. Ses apparitions au MR ont été accueillies par des applaudissements timides, perçues comme un nouvel acte d’opportunisme personnel. Sous forme de boutade, un ancien ministre déclare même avoir envisagé de voter pour Elio Di Rupo (PS) aux élections européennes, en voyant le peu d’enthousiasme qu’avait suscité la candidature de Michel.
- Le fait est que la décision de Michel a ravivé les anciennes tensions entre son clan et celui de Didier Reynders (MR), en écartant ce dernier comme tête de liste potentielle. Ainsi, les fidèles de Reynders n’ont pas ménagé Michel.
- Il est possible que Bouchez, toujours proche de Michel, se tourne finalement vers Didier Reynders. Les autres personnalités marquantes sont rares au sein du parti, à l’exception peut-être de l’ancien président et actuel député européen Olivier Chastel (MR), bien que ce dernier ne soit pas particulièrement charismatique.