Qui est le boss? Il n’y en a pas…

Valve Corp. est une entreprise américaine qui fabrique des jeux vidéos, et qui a été fondée en 1996. Elle a une particularité, indique le Wall Street Journal : depuis sa création, elle n’a jamais eu de patron. Ses 300 employés travaillent en projets, et il n’y a donc pas de promotions, mais seulement de nouveaux projets. Et lorsque des employés décident de travailler ensemble sur un projet, c’est facile… Les bureaux sont équipés de roulettes pour les aider à se rassembler en équipes qui se modifient d’un projet à l’autre, en fonction de leurs compétences particulières. Le plus souvent, l’un d’entre eux s’impose naturellement pour prendre en main la coordination du projet, et lorsque personne ne veut en prendre la tête, c’est souvent le signe que le projet n’est pas valable.

Les payes sont souvent déterminées par les salariés, à l’exclusion du principal intéressé, qui déterminent ceux qui ont créé le plus de valeur. De même, les décisions de recrutement sont collégiales, et tout employé peut y participer. Le système a cependant des inconvénients. Il est plus difficile de repérer les employés les moins efficaces.

« De prime abord, c’est absolument inefficace », explique Terri Kelly, CEO de W.L. Gore, le détenteur du Brevet Gore-Tex, qui a adopté une organisation similaire. « Mais une fois que vous avez défini l’organisation… Vous obtenez rapidement l’adhésion et l’exécution », ajoute-t-elle.

Sur les dernières années, de plus en plus d’entreprises ont commencé à éliminer des niveaux hiérarchiques, souvent intermédiaires, pour éviter les goulots d’étranglement et les ralentissements de productivité. La petite minorité d’entreprises qui ont totalement éliminé la hiérarchie rapportent qu’elles ont constaté une plus grande motivation des employés et une plus grande flexibilité, même si cela implique que des tâches telles que les prises de décision et le recrutement réclament plus de temps pour être menées à bien.

Une étude réalisée par les chercheurs de l’Université de l’Iowa et l’Université A&M du Texas avait conclu que les équipes d’ouvriers qui se supervisaient eux-mêmes en usines étaient plus performantes que les équipes d’ouvriers organisées selon le système hiérarchique traditionnel, du moment que les membres de l’équipe s’entendaient bien entre eux. Cependant, d’autres études ont démontré que la hiérarchie peut stimuler l’efficacité du groupe, et qu’avoir un rôle bien défini aidait les gens à travailler plus efficacement. 

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