Qu’est-ce qui explique l’augmentation des déficits budgétaires aux niveaux fédéral et régional ?


Principaux renseignements

  • En 2025, le déficit budgétaire de la Belgique s’élevait à 5,2 pour cent du PIB.
  • La hausse des dépenses primaires est à l’origine de cette détérioration budgétaire.
  • Les dirigeants nationaux doivent mettre en place un cadre budgétaire contraignant afin de garantir la viabilité de la dette publique, estime la Banque nationale.

Depuis le début du siècle, le déficit budgétaire belge n’a cessé d’augmenter, pour atteindre 5,2 pour cent du PIB en 2025. Le solde primaire a connu une évolution spectaculaire, passant d’un excédent de près de 7 pour cent du PIB à un déficit avoisinant les 3 pour cent, un niveau jamais atteint depuis le début des années 1980.

Alors que les recettes sont restées globalement stables pendant la majeure partie de cette période, la détérioration du solde primaire a été presque entièrement due à la hausse des dépenses primaires. C’est ce qu’écrit la Banque nationale. Au cours de la dernière décennie, la situation s’est encore aggravée, les dépenses continuant de grimper tandis que les recettes commençaient à baisser.

Principales conclusions budgétaires

Les données de la Banque nationale relatives à la période 2016-2025 font ressortir plusieurs constatations importantes. Tout d’abord, malgré les engagements pris pour rééquilibrer le budget, le solde budgétaire global s’est détérioré de 2,7 points de pourcentage du PIB (18 milliards d’euros).

Cette détérioration s’est produite malgré la baisse des paiements d’intérêts sur la dette publique, dont a bénéficié l’État fédéral. Cette baisse s’est élevée à 0,5 point de pourcentage du PIB.

Flambée des dépenses

Deuxièmement, l’érosion du solde primaire depuis 2016 résulte d’une double pression : une baisse des recettes de 12 milliards d’euros et une hausse des dépenses primaires de 9 milliards d’euros.

Bien qu’une comparaison internationale plus large dépasse le cadre du présent rapport, des études antérieures de la Banque nationale indiquent que les dépenses primaires de la Belgique – notamment en matière de subventions et d’éducation – sont supérieures à celles de ses voisins, mais pas en ce qui concerne les dépenses sociales.

Répartition de la responsabilité budgétaire

Troisièmement, la responsabilité de cette détérioration du solde primaire se répartit entre l’État fédéral (11 milliards d’euros) et les régions et communautés (8 milliards d’euros).

Le déficit fédéral a été légèrement atténué par une réduction de 4 milliards d’euros des transferts vers les entités régionales, bien que cette même réduction ait mis à rude épreuve les budgets régionaux.

Tendances budgétaires fédérales et régionales

Quatrièmement, tant au niveau fédéral que régional, les dépenses primaires ont augmenté par rapport au PIB tandis que les recettes propres stagnaient. Au niveau fédéral, les dépenses ont augmenté de 7 milliards d’euros, sous l’effet des investissements d’équipement, des subventions et des prestations sociales, qui ont compensé la baisse des coûts de personnel. Au niveau régional, les dépenses ont augmenté de 2 milliards d’euros en raison de la hausse des salaires et des coûts d’approvisionnement, malgré une baisse des subventions.

Au niveau fédéral, une perte de recettes de 8 milliards d’euros a été causée par la baisse des impôts sur le travail et de la taxe sur la consommation, qui n’a été que partiellement compensée par une hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés. Au niveau régional, une baisse de 2 milliards d’euros des recettes issues des taxes sur la consommation et sur le patrimoine a été partiellement compensée par des recettes non fiscales, notamment les fonds de relance de l’UE.

Ces tendances en matière de recettes ont été influencées non seulement par des changements de politique, mais aussi par des évolutions macroéconomiques, telles que la baisse de la part des salaires dans le PIB et la forte hausse des bénéfices des entreprises par rapport à la croissance économique.

Évolutions des dépenses régionales

Enfin, dans toutes les régions et communautés, les dépenses sont restées incontrôlées malgré la baisse des recettes. Conformément à la sixième réforme de l’État, les transferts fédéraux ont diminué en raison des ajustements liés à la croissance du PIB, de la hausse des cotisations de retraite pour le personnel régional et, dans le cas de la Communauté française, de l’évolution des tendances démographiques.

Alors que la Communauté flamande et la Région de Bruxelles-Capitale ont vu leurs dépenses augmenter en raison des marchés publics et des salaires, la Communauté française n’a connu qu’une légère baisse. De plus, tant la Région wallonne que la Communauté flamande ont réorienté leurs priorités de dépenses, passant des subventions aux investissements en capital.

Nécessité d’un nouveau cadre

Selon la banque, ces conclusions indiquent en fin de compte que la Belgique a besoin d’un cadre budgétaire national contraignant pour garantir la réalisation des objectifs budgétaires et ramener la dette publique sur une trajectoire viable.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus