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Que va faire la Belgique concernant son soutien à l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui fournit de l’aide à Gaza, mais qui se retrouve dans une situation très controversée ?

Que va faire la Belgique concernant son soutien à l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui fournit de l’aide à Gaza, mais qui se retrouve dans une situation très controversée ?
Alexander De Croo à Rafah -NICOLAS MAETERLINCK/BELGA MAG/AFP via Getty Images

L’ONU se trouve au centre d’une polémique après la révélation de l’implication de plusieurs membres du personnel de l’UNRWA, son organisme dédié aux réfugiés palestiniens, dans des attaques contre Israël le 7 octobre. Le Secrétaire général Antonio Guterres n’a eu d’autre choix que de licencier ces employés : huit des douze personnes de l’ONU accusées d’implication ont déjà pris la porte. Les faits reprochés vont de la fourniture de munitions aux combattants à l’enlèvement d’une Israélienne.

  • De plus, d’après plusieurs services de sécurité occidentaux, l’UNRWA serait infiltrée par le Hamas. Le Wall Street Journal, ayant eu accès à des rapports de sécurité, rapporte que près de 10 % des employés de l’UNRWA seraient liés au Hamas.
  • L’UNRWA est un programme important de l’ONU : il emploie plus de 30 000 personnes, principalement palestiniennes, et assure des services d’éducation et de santé. La majorité de l’eau potable à Gaza est fournie par cette organisation. Son budget l’an dernier s’élevait à plus d’un milliard d’euros, avec une contribution significative de l’Allemagne et des États-Unis.
  • Cependant, ces révélations troublantes ont conduit plusieurs pays, y compris les deux principaux donateurs, à suspendre leur coopération et à stopper leur aide : outre l’Allemagne et les États-Unis, l’Australie, l’Italie, la Finlande, le Canada, l’Autriche et récemment la Nouvelle-Zélande ont annulé leur soutien.
  • Les pays voisins de la Belgique, tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France, ont également suspendu leur aide. La Belgique, quant à elle, n’a pas encore pris de décision, la question palestinienne et les actions connexes étant particulièrement délicates au sein de la coalition Vivaldi.
  • Le MR souhaite mettre un frein au soutien de l’UNRWA, tandis que Vooruit, le PS et les Verts se préoccupent davantage des répercussions humanitaires. L’Irlande et la Norvège n’ont pas suspendu leur aide. La Belgique attend des éclaircissements de l’ONU concernant les douze employés incriminés.
  • Entre-temps, le chef de l’ONU, Guterres, implore de ne pas couper les fonds : « Les dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui travaillent pour l’UNRWA, souvent dans des situations extrêmement dangereuses pour les humanitaires, ne doivent pas subir de pénalités. Il est essentiel de répondre aux besoins pressants de la population en détresse qu’ils assistent », a-t-il déclaré aux agences de presse internationales.
  • Toutefois, Guterres est en partie responsable de la réticence des pays occidentaux à accéder à ses demandes, ayant longtemps adopté un discours peu conciliateur et anti-occidental. Sa crédibilité est sérieusement entamée, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans de nombreux pays européens.
  • Par ailleurs, une partie du financement belge de l’UNRWA provient de la région flamande. Le gouvernement flamand pourrait donc opter pour une approche différente. Des initiatives peuvent également être lancées tant à la Chambre des représentants qu’au Parlement flamand pour examiner en détail l’utilisation des fonds belges à Gaza, une démarche prudente étant donné la controverse de longue date entourant le programme de l’UNRWA.
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