Quand les problèmes d’approvisionnement de batteries pour voitures électriques poussent au travail forcé

Deux ans de pandémie ont provoqué des étranglements sur la chaine d’approvisionnements mondiale. Situation complexe pour de nombreuses industries qui ne s’est pas arrangée avec les récents confinements stricts imposés en Chine suite à l’apparition de nouveaux cas de coronavirus. Un contexte difficile qui a favorisé le travail forcé en Chine pour rattraper le retard de la production de batteries de voitures électriques notamment, indique un rapport.

Les entreprises chinoises qui produisent des matières premières pour les batteries de véhicules électriques, notamment du lithium, du nickel et du cuivre, montrent des signes de travail forcé, selon une enquête menée par le New York Times. Le média américain a en effet révélé que le conglomérat minier Xinjiang Nonferrous Metal Industry emploie des centaines d’Ouïghours dans le cadre d’un soi-disant programme de transfert de travail.

Convertir les minorités

Des personnes issues de minorités ethniques, notamment des Ouïghours, sont en effet déplacées du sud de Xinjiang vers le nord pour travailler, a confirmé la Chine, selon le Times. Un procédé qui vise à « fragmenter la société ouïghoure et d’atténuer l’impact de la religion » sur cette minorité musulmane, avait précédemment indiqué un chercheur indépendant, dont les observations avaient été reprises par le département d’État américain.

Xinjiang Nonferrous aurait d’ailleurs imposé une conférence aux travailleurs issus de minorités musulmanes sur « l’éradication de l’extrémisme religieux » et sur l’importance de devenir des travailleurs qui « ont embrassé leur nationalité chinoise, selon des publications partagées sur les réseaux sociaux chinois traduites par le Times.

La Chine n’a pas tardé à réagir aux accusations de travail forcé de minorités, indiquant qu’il s’agissait d’un « énorme mensonge inventé par les forces anti-chinoises pour dénigrer » le pays. Les droits des travailleurs de tous les groupes ethniques du Xinjiang sont protégés, a assuré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les révélations du New York Times apparaissent alors que la législation interdisant aux produits résultant du travail forcé au Xinjiang d’entrer sur le marché américain est entrée en vigueur aux États-Unis. Or, l’industrie des métaux non ferreux du Xinjiang exporte des minéraux et des métaux vers les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et l’Inde, selon le Times. Des milliers d’entreprises pourraient être liées avec cette industrie et donc, bon nombre de produits pourraient être bloqués à la frontière américaine.

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