Projet de loi italien controversé contre l’immigration clandestine


Principaux renseignements

  • Le nouveau projet de loi italien vise à dissuader l’immigration clandestine en autorisant les blocus navals et en renforçant les mesures aux frontières.
  • Le projet de loi vise à élargir les motifs d’expulsion et pourrait relancer un « centre de retour » en difficulté en Albanie.
  • Le gouvernement Meloni renforce ses politiques anti-immigration, en accord avec les mesures récentes de l’UE sur le contrôle des frontières.

La Première ministre conservatrice italienne Giorgia Meloni et son cabinet ont approuvé un nouveau projet de loi controversé visant à freiner l’immigration clandestine. Le projet de loi comprend plusieurs mesures destinées à dissuader les migrants d’arriver en Italie par la mer.

Nouvelles dispositions

L’une des dispositions les plus controversées permet aux autorités d’imposer un blocus naval de 30 jours aux navires transportant des migrants. Cela peut se produire dans des circonstances exceptionnelles. Par exemple, lorsqu’il existe une menace perçue pour l’ordre public ou la sécurité nationale. Ces menaces peuvent inclure une augmentation de la pression migratoire qui dépasse les capacités de gestion des frontières. Elles peuvent également comprendre une infiltration terroriste potentielle, des urgences sanitaires mondiales ou des événements internationaux importants.

Les contrevenants aux règles proposées s’exposeraient à des amendes substantielles et à la confiscation potentielle de leurs navires en cas de récidive. Cette mesure semble viser spécifiquement les navires de sauvetage humanitaire opérant en Méditerranée.

Le projet de loi vise également à renforcer les mesures de surveillance des frontières. Il prévoit aussi d’élargir la liste des crimes pour lesquels les ressortissants étrangers pourraient être expulsés d’Italie. Avant de pouvoir entrer en vigueur, le projet de loi doit être approuvé par les deux chambres du Parlement italien.

Si le texte est adopté, il redynamisera le centre de retour pour migrants italien en Albanie. Ce projet a toutefois rencontré des obstacles juridiques. Il a également été condamné par les organisations de défense des droits de l’homme.

Suivre la politique de l’UE

Le projet de loi fait suite à l’adoption par le Parlement européen de deux textes clés visant à renforcer la politique migratoire de l’UE.L’Italie a joué un rôle important dans la promotion de ces nouvelles mesures. Celles-ci permettent aux États membres de refuser l’asile et d’expulser les migrants vers des pays « sûrs » désignés en dehors de l’Union, sous réserve d’accords avec ces pays d’accueil.

Les détracteurs affirment toutefois que de telles politiques pourraient contraindre des personnes vulnérables à vivre dans des environnements inconnus. Dans ces situations, elles ne disposent d’aucun réseau de soutien. Elles affrontent également des barrières linguistiques et peuvent être exploitées.

La position anti-migration de Meloni

L’élection de Meloni en 2022 a été largement motivée par sa promesse de mettre fin à l’afflux de migrants arrivant sur les côtes italiennes à bord de petits bateaux. Son gouvernement a ensuite négocié des accords avec les pays d’Afrique du Nord afin de limiter les départs. Il a en parallèle imposé des restrictions aux activités des organisations non gouvernementales qui mènent des opérations de sauvetage en Méditerranée centrale.

Le nombre d’arrivées par voie maritime en Italie a diminué cette année par rapport à la même période l’année dernière. Malgré cela, des inquiétudes persistent concernant la traversée périlleuse de la Méditerranée. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, des centaines de migrants ont disparu cette année.

(JW)

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