Principaux renseignements
- Le président de Microsoft, Brad Smith, met en garde contre le risque de sous-estimer l’avantage concurrentiel que confèrent les subventions accordées par le gouvernement chinois aux entreprises spécialisées dans l’IA.
- Smith affirme que l’histoire montre que la Chine peut perturber les marchés grâce à des entreprises subventionnées, citant le secteur des télécommunications comme précédent.
- Pour relever ce défi, Microsoft investit 50 milliards de dollars (environ 42,4 milliards d’euros) afin d’apporter les technologies d’IA aux pays en développement du « Sud global ».
Brad Smith, président de Microsoft, a exprimé ses inquiétudes quant à l’impact des subventions gouvernementales sur la course mondiale à l‘intelligence artificielle (IA). Tout en reconnaissant les avantages des États-Unis en matière de technologie des puces et d’innovation, Smith estime que les entreprises technologiques américaines doivent se méfier du soutien que les entreprises chinoises spécialisées dans l’IA reçoivent de leur gouvernement, rapporte CNBC.
Subventions gouvernementales comme avantage concurrentiel
Smith a souligné le précédent créé par la Chine, qui a bouleversé le marché des télécommunications en accordant des financements publics substantiels à des entreprises telles que Huawei et ZTE. Cela a entraîné le déclin de certaines entreprises américaines, et contraint des géants européens tels qu’Ericsson et Nokia à adopter une position défensive. Il estime que la Chine pourrait de la même manière tirer parti des subventions pour propulser ses entreprises d’IA sur la scène mondiale, ce qui rend crucial pour les entreprises américaines de rivaliser efficacement avec ce soutien.
Smith a souligné la présence mondiale actuelle des centres de données appartenant aux entreprises chinoises Huawei et Alibaba, suggérant que le subventionnement de ces opérations serait simple pour Pékin. Pour relever ce défi, Smith préconise un soutien gouvernemental plus fort au développement de l’IA américaine. Il a souligné la nécessité pour les entreprises américaines de rester compétitives dans un contexte de plus en plus influencé par leurs rivaux chinois subventionnés.
Il convient de noter que la division de cloud computing d’Alibaba, chargée de fournir ses services d’IA à l’échelle mondiale, s’appuie souvent sur des partenariats avec des fournisseurs d’infrastructures existants plutôt que de construire des centres de données indépendants en dehors de la Chine.
Fonds d’IA
L’année dernière, Pékin a lancé un important fonds national dédié à l’IA, d’une valeur de 60 milliards de yuans (environ 7,4 milliards d’euros), afin d’investir dans des projets en phase de démarrage. En outre, plusieurs villes chinoises ont proposé des « bons » afin de réduire le coût de la location de puissance de calcul, encourageant ainsi davantage le développement de l’IA.
L’accès à une énergie bon marché a également constitué un avantage crucial pour les entreprises chinoises qui construisent les infrastructures à forte consommation d’énergie nécessaires à la formation et à l’exécution des modèles d’IA.
Réponse de Microsoft
En réponse à ces défis, Microsoft a annoncé son engagement à investir 50 milliards de dollars (environ 42,4 milliards d’euros) d’ici la fin de la décennie pour apporter les technologies d’IA aux pays en développement du « Sud ». Cet investissement comprend le financement de programmes de développement des infrastructures et de reconversion professionnelle.
Rory Green, économiste en chef pour la Chine chez TS Lombard, a prédit l’émergence d’une « sphère technologique chinoise » distincte dans les pays en développement, suggérant que la plupart de la population mondiale pourrait dépendre de la technologie chinoise d’ici cinq à dix ans.
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