La restriction des allocations de chômage a été étendue au début de ce mois. Concrètement, les Belges au chômage depuis deux à huit ans voient désormais leurs allocations réduites. Or, une enquête menée par le cabinet de ressources humaines Group S révèle que les entreprises ne sont pas très enclines à embaucher des chômeurs de longue durée.
Principaux renseignements
- La restriction des allocations de chômage en Belgique a été étendue : les chômeurs de 2 à 8 ans perdent également (partiellement) leurs allocations, à quelques exceptions près pour certains groupes spécifiques.
- Une enquête menée par Group S révèle que près de la moitié des employeurs sont réticents à embaucher des chômeurs de longue durée, principalement en raison du risque et des coûts de formation.
- Bien que 85 pour cent des employeurs estiment que les chômeurs de longue durée ont besoin d’un accompagnement supplémentaire, près de la moitié d’entre eux ne se sentent pas suffisamment préparés pour les accompagner efficacement.
Contexte : depuis cette année, le gouvernement De Wever limite les allocations de chômage. Cette mesure est mise en œuvre en plusieurs phases.
- Au début de l’année, par exemple, la restriction ne s’appliquait qu’aux personnes au chômage depuis plus de 20 ans. Depuis le mois dernier, les personnes au chômage depuis huit à vingt ans sont également concernées par cette mesure. La restriction s’étend désormais aux personnes au chômage depuis deux à huit ans.
- Que signifie concrètement cette restriction ? Les chômeurs peuvent percevoir des allocations pendant 24 mois au maximum : 12 mois de droit de base, éventuellement complétés par 12 mois supplémentaires au maximum en fonction de l’ancienneté professionnelle.
- Des exceptions peuvent s’appliquer à certaines catégories. C’est notamment le cas pour les demandeurs d’emploi bénéficiant d’une allocation de protection, les personnes de plus de 55 ans ayant plus de 30 ans d’expérience professionnelle (ce seuil passera à 35 ans en 2030), les chômeurs ayant commencé avant fin 2025 une formation pour un métier en pénurie, ainsi que pour les travailleurs du secteur artistique, les dockers agréés et les pêcheurs en mer.
Les employeurs peu enclins à embaucher des chômeurs de longue durée
Dans l’actualité : selon une enquête menée par Group S, 49 pour cent des employeurs ont une opinion négative quant à l’embauche d’une personne au chômage depuis plus de deux ans.
- « 8 employeurs sur 10 partagent l’avis qu’une longue période de chômage constitue un risque lors d’un recrutement. 41 pour cent indiquent même ne pas vouloir investir dans la formation des nouveaux demandeurs d’emploi », explique Erica Priem, responsable de la communication chez Group S. « La mesure mise en place par le gouvernement fait certes entrer de nombreux nouveaux candidats sur le marché du travail, mais il n’est donc pas encore évident d’être embauché. »
- Les avis sont partagés quant à savoir si les dirigeants s’attendent à recevoir davantage de candidatures pour leurs postes vacants suite à cette nouvelle mesure. 35 pour cent ne s’y attendent pas, tandis que 37 pour cent sont convaincus qu’ils recevront davantage de candidatures. 11 pour cent déclarent ne pas savoir et les 17 pour cent restants n’ont actuellement aucun poste vacant.
Accompagnement supplémentaire
À noter : la grande majorité (85 pour cent) des employeurs estime que les chômeurs de longue durée ont besoin d’un accompagnement supplémentaire pour se réinsérer durablement dans le monde du travail. Dans le même temps, près de la moitié (49 pour cent) des entreprises pensent ne pas être suffisamment préparées pour réintégrer une personne qui a été longtemps absente du marché du travail.
- « Il semble donc y avoir un décalage entre l’objectif que le gouvernement souhaite atteindre avec cette mesure – mettre plus de personnes au travail – et la réalité du côté des employeurs », remarque Priem. « La volonté est bien là, mais les repères manquent. Comment doivent-ils accompagner les demandeurs d’emploi ? Avec quelles subventions ? Ce sont des questions auxquelles les employeurs n’ont pas toujours de réponse. »
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !


