Principaux renseignements
- Le Premier ministre par intérim de Bulgarie, Andrey Gyurov, s’attache en priorité à garantir des élections équitables grâce à des mesures proactives contre l’achat de voix et la manipulation électorale.
- Consciente d’une ingérence étrangère potentielle, la Bulgarie sollicite le soutien international et les conseils d’experts pour lutter contre la manipulation électorale.
- Gyurov souligne la nécessité de s’attaquer aux griefs sous-jacents qui alimentent l’instabilité politique et l’apathie des électeurs en Bulgarie.
Le Premier ministre bulgare par intérim, Andrey Gyurov, est déterminé à garantir des élections équitables le mois prochain, malgré les inquiétudes croissantes concernant l’achat de voix et la manipulation électorale. C’est ce que rapporte Politico.
Mesures proactives contre l’ingérence électorale
Ces élections sont les huitièmes organisées en Bulgarie en cinq ans, à la suite de manifestations massives contre la corruption au sein du gouvernement et d’un affaiblissement de l’État de droit qui ont conduit à la chute de la coalition dirigée par le GERB. En tant que Premier ministre par intérim issu du milieu de la lutte contre la corruption, Gyyurov s’efforce de donner la priorité à la protection des élections plutôt qu’à leur simple gestion.
Le gouvernement se montre proactif dans la lutte contre l’ingérence électorale en procédant à l’arrestation de plus de 200 personnes soupçonnées de trafic de voix et de coercition. Parmi elles figurent également des individus qui ont détourné des programmes d’aide sociale à des fins politiques.
Lutte contre l’ingérence étrangère
Selon Gyurov, s’attaquer à ce genre de personnalités influentes a un effet positif sur le processus électoral. Le ministère bulgare des Affaires étrangères a reconnu le risque d’ingérence étrangère et a mis en place une unité spéciale chargée de coordonner la réponse. Il a sollicité l’avis du journaliste d’investigation Christo Grozev, connu pour son travail chez Bellingcat, tout en demandant l’aide de l’UE.
La tenue de nouvelles élections met en évidence une crise de confiance plus profonde dans le système politique bulgare. Gyurov critique les précédents gouvernements de coalition pour avoir donné la priorité au maintien du pouvoir plutôt qu’à la résolution des problèmes qui ont alimenté le mécontentement de la population.
Le cycle de l’instabilité
Il a souligné que ces coalitions constituent souvent des compromis visant à assurer le contrôle plutôt qu’à mettre en œuvre des réformes significatives, ne profitant en fin de compte qu’à une poignée de privilégiés au sein des cercles politiques.
Gyurov a averti que, si ces griefs sous-jacents ne sont pas résolus, la Bulgarie risque de perpétuer un cycle d’instabilité politique et d’apathie électorale. Il a toutefois réaffirmé l’engagement indéfectible de la Bulgarie envers ses alliances occidentales, illustré par son récent accord de sécurité et de défense de 10 ans avec l’Ukraine, malgré l’opposition des partis populistes.
Priorité à la sécurité nationale
Selon Gyurov, il est essentiel d’agir avec détermination dans le domaine de la sécurité nationale. Il a également souligné l’opportunité que représente pour la Bulgarie le partenariat avec Kiev pour développer des capacités de défense de pointe. Le gouvernement prend également ses distances par rapport aux décisions motivées par des considérations politiques, telles que le retrait de la Bulgarie du Conseil américain pour la paix, dont la participation initiale, selon Gyurov, était motivée par les intérêts personnels de l’oligarque et député Delyan Peevski, qui cherchait à obtenir la suppression des droits de douane américains.
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