Principaux renseignements
- Selon certaines sources, le président russe Vladimir Poutine aurait ordonné la multiplication des opérations de sabotage secrètes contre les pays membres de l’OTAN.
- Des unités du service de renseignement militaire GRU utilisent des drones et des explosifs pour déstabiliser la logistique européenne.
- Moscou cherche à déclencher des troubles sociaux afin de mettre un terme à l’aide militaire apportée à l’Ukraine.
Selon des informations du Wall Street Journal, le président Vladimir Poutine a ordonné une intensification des missions de sabotage clandestines visant les membres de l’OTAN. S’appuyant sur des renseignements américains, des responsables européens suggèrent que ces attaques hybrides constituent une réponse à la stagnation de la Russie sur le champ de bataille ukrainien, à la résilience de Kiev et à l’échec des efforts diplomatiques visant à obtenir des concessions de la part de l’Occident.
L’essai de Leipzig
Les services de renseignement estiment qu’une attaque ratée par drone contre un aérodrome de fret à Leipzig, en Allemagne, en août, a servi de test en vue d’une campagne de plus grande envergure. L’opération impliquait des explosifs de qualité militaire et des drones contrôlés via Internet, que les autorités allemandes chargées de la cybersécurité ont associés au GRU.
Si l’attaque avait réussi, elle aurait probablement causé d’importantes pertes humaines et semé le chaos dans un pôle logistique européen crucial. La gravité de la menace était telle que les responsables allemands ont envisagé d’invoquer la clause de défense collective de l’article 5 de l’OTAN.
Unité spéciale
Cette campagne serait dirigée par le Service des missions spéciales (SSD), une branche meurtrière du GRU créée en 2023 sous les ordres du colonel-général Andreï Averyanov. Cette unité se consacre à la guerre clandestine, notamment aux empoisonnements et aux attentats à la bombe. Plus précisément, le colonel Denis Smolyaninov aurait supervisé l’opération de Leipzig.
Les enquêteurs ont découvert que la logistique était assurée par Oleg Levushkin, un ancien soldat recruté par le GRU. Son réseau utilisait la Serbie comme point de transit pour faire passer clandestinement des bombes à fragmentation et des drones dans l’Union européenne, en dissimulant souvent les explosifs à l’intérieur de boîtes de conserve. Cette enquête a conduit à l’arrestation de sept personnes en Serbie.
Déstabiliser l’Occident
Au-delà de la destruction physique, la stratégie de Moscou vise à créer une instabilité sociale au sein de l’Europe afin d’alimenter les mouvements politiques qui s’opposent à l’aide militaire en faveur de l’Ukraine.
Cette tendance se manifeste déjà par une recrudescence des activités de « zone grise », notamment des incendies criminels contre des usines de drones en Pologne et en Estonie, des interférences avec les stations Starlink dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, ainsi que des frappes de drones sur des navires de transport près de la Roumanie et de la Bulgarie.
Situation diplomatique délicate
Alors que le Kremlin nie ces activités et exige des preuves, les dirigeants occidentaux sont de plus en plus inquiets. Le chancelier allemand Friedrich Merz a qualifié la situation de guerre directe menée par la Russie contre l’Europe. Dans le même temps, des responsables américains, dont le directeur de la CIA John Ratcliffe, ont mis en garde les alliés européens contre l’intensification de la menace.
La situation est encore compliquée par l’évolution de la dynamique politique américaine, le président Trump tentant de maintenir des canaux diplomatiques avec Poutine par le biais de gestes économiques, alors même que le secrétaire d’État Marco Rubio avertit que de telles escalades pourraient transformer une guerre bilatérale en un dangereux conflit régional. (fc)
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