Pénurie de personnel menace la sécurité de l’exploration pétrolière en Alaska


Principaux renseignements

  • L’administration Trump est confrontée à une pénurie de personnel au sein du Bureau of Safety and Environmental Enforcement, ce qui compromet la surveillance des projets d’exploration pétrolière en Alaska.
  • Des décennies d’expérience ont été perdues en raison de programmes de départ volontaire, laissant le bureau du BSEE en Alaska mal équipé pour gérer l’expansion des opérations de forage.
  • Malgré les pressions politiques et les préoccupations environnementales, l’administration Trump reste déterminée à mener à bien son ambitieux projet d’intensification de l’exploration pétrolière en Alaska.

Les plans ambitieux de l’administration Trump en matière d’exploration pétrolière en Alaska ont suscité des inquiétudes en raison du manque de personnel au sein de l’agence fédérale chargée de superviser la sécurité, selon un document obtenu par POLITICO. Justin Miller, un fonctionnaire chevronné du Bureau of Safety and Environmental Enforcement (BSEE), a averti ses collègues l’automne dernier que son bureau en Alaska manquait du personnel nécessaire pour surveiller efficacement les opérations existantes, sans parler de gérer l’expansion significative proposée par l’administration.

Miller a attribué cette crise du personnel aux programmes de départ volontaire mis en place par le Département de l’efficacité gouvernementale, associés à un désintérêt croissant de l’industrie pour le forage en Alaska. Il a déclaré que cela avait entraîné la perte de décennies d’expérience inestimable, difficile à remplacer. Son avertissement a souligné à quel point les réductions d’effectifs imposées par le DOGE pouvaient entraver la réalisation des objectifs politiques plus larges de l’administration.

Effectifs et expertise limités

Selon Miller, le bureau du BSEE en Alaska ne comptait que quatre employés à temps plein en novembre 2023. Ceux-ci étaient complétés par du personnel provenant d’autres régions qui n’avait pas suffisamment d’expérience dans la réglementation des activités de concession dans les zones frontalières ou arctiques. Cette dure réalité soulève de sérieuses questions quant à la faisabilité et à la sécurité des ventes de pétrole proposées en Alaska. La première est prévue pour la semaine prochaine.

Le président Trump a fait de l’Alaska un élément essentiel de son programme de « domination énergétique ». Cependant, les conditions climatiques difficiles et la fragilité des écosystèmes de cet État exigent une surveillance stricte des compagnies pétrolières qui y opèrent. Les effectifs limités du BSEE soulèvent des doutes quant à la capacité de l’agence à appliquer correctement la réglementation et à limiter les risques environnementaux potentiels liés à l’expansion des activités de forage.

Opposition 

Certains sénateurs de l’Alaska, dont Lisa Murkowski et Dan Sullivan, ont exprimé leurs réserves quant à l’ampleur des ventes proposées. Malgré leur opposition, l’administration Trump reste déterminée à poursuivre son projet d’intensifier l’exploration pétrolière en Alaska. Le ministre de l’Intérieur, Doug Burgum, s’est engagé à finaliser le plan de forage offshore d’ici novembre. Cela ouvre la voie à un éventuel conflit entre les ambitions énergétiques et les considérations environnementales.

Les groupes environnementaux ont vivement condamné cette proposition. Ils rappellent à cet égard l’histoire des grandes marées noires qui ont touché les eaux de l’Alaska. Les groupes soulignent également l’importance de protéger les précieux écosystèmes marins de l’État. Ils affirment que la volonté d’augmenter la production pétrolière ne doit pas se faire au détriment de la protection de ces ressources naturelles essentielles.

(jw)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus