La société technologique américaine Palantir poursuit un magazine suisse en justice pour un article critique


Principaux renseignements

  • Malgré des efforts persistants, Palantir n’a pas réussi à décrocher de contrats gouvernementaux en Suisse.
  • Palantir a intenté un procès contre le magazine Republik afin de le contraindre à publier une réfutation détaillée des conclusions de l’article.
  • L’action en justice de Palantir contre Republik suscite des inquiétudes au sein de la communauté journalistique quant aux tentatives visant à étouffer les reportages critiques sur des entités puissantes.

Un collectif de recherche suisse indépendant, WAV, s’est intéressé à la présence de Palantir en Suisse après que l’entreprise eut vanté la création d’un « pôle européen » à Altendorf. Préoccupé par le manque de transparence concernant les relations entre les autorités suisses et Palantir, WAV s’est associé au magazine Republik pour mener une enquête. Après des recherches approfondies impliquant de nombreuses demandes d’accès à l’information, leur enquête a révélé que malgré les efforts persistants de Palantir pour décrocher des contrats gouvernementaux, l’entreprise n’y était pas parvenue.

Palantir riposte par une action en justice

L’article, publié dans Republik, a fait grand bruit à travers l’Europe, suscitant des débats et attirant l’attention des responsables politiques. Palantir, mécontente des conclusions de la publication, a exigé que Republik publie une réfutation détaillée, arguant que l’article contenait des inexactitudes concernant ses pratiques commerciales. Lorsque Republik a refusé, Palantir a intenté une action en justice en Suisse afin de contraindre le magazine à publier sa réponse.

Palantir soutient qu’elle exerce simplement son droit de réponse en vertu du droit suisse, dans le but de fournir des informations équilibrées et de corriger ce qu’elle considère comme des mensonges importants. Cependant, les journalistes de Republik défendent leur travail, affirmant qu’ils ont respecté des normes journalistiques strictes et procédé à une vérification minutieuse des faits. Ils estiment que cette action en justice est une tentative d’intimidation visant à étouffer les reportages critiques sur Palantir.

L’enquête a mis en lumière la campagne menée depuis plusieurs années par Palantir pour vendre ses services au gouvernement suisse. L’article détaillait les tentatives d’approche de diverses agences gouvernementales, notamment des présentations commerciales pendant la pandémie de Covid-19 et des réunions avec des personnalités clés telles que le chancelier, l’armée et le ministre des Finances. Palantir affirme que ces interactions relevaient d’une exploration de marché de routine et non d’une campagne de vente agressive, comme le décrit l’article.

Inquiétudes 

La Fédération européenne des journalistes a condamné l’action en justice de Palantir, la considérant comme une tactique visant à décourager l’examen critique de ses activités. Les journalistes de Republik estiment que Palantir a sous-estimé leur détermination et espérait les réduire au silence par l’intimidation et l’épuisement.

Le droit suisse accorde effectivement à la personne visée par un article le droit de réponse, mais cette réponse doit être concise et factuelle. Le litige porte sur la question de savoir si la réfutation souhaitée par Palantir respecte ces paramètres et si Republik est tenu de la publier.

(jw) (jv)

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