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La crédibilité des pompiers-pyromanes de l’IA est proche du néant

La crédibilité des pompiers-pyromanes de l’IA est proche du néant
Getty Images

Sam Altman menace l’Europe. Rendu public depuis un peu plus de 6 mois, ChatGPT est parvenu à se faire une place dans le cœur de nombreux Européens. Mais alors que l’UE cherche à réglementer l’IA, les jours du chatbot d’OpenAI pourraient bien être comptés sur le vieux continent. Encadrer l’IA, c’est pourtant exactement ce que demandait le PDG d’OpenAI.

L’actualité : Sam Altman a confié que sa société pourrait être contrainte de cesser d’opérer au sein de l’Union européenne.

  • Lors d’un échange à l’Université de Londres, le PDG d’OpenAI a confié que son entreprise pourrait « cesser ses activités » dans l’Union européenne si elle n’était pas en mesure de se conformer à la législation européenne en développement concernant l’IA, rapporte le Time.

En cause : la nouvelle législation que les régulateurs européens préparent en ce moment pour encadrer l’intelligence artificielle.

Le détail : actuellement en tournée dans plusieurs pays du vieux continent, le PDG d’OpenAI a confié que l’UE n’allait pas forcément dans la bonne direction avec les premières esquisses de régulation de l’IA.

  • Des propos qui ont de quoi étonner puisque l’homme s’était rendu, début du mois, devant le Congrès américain pour exhorter que des règles soient mises en place pour encadrer justement le développement de l’IA.

Une position plus qu’ambigüe qui en rappelle une autre, celle d’Elon Musk qui appelle à stopper le développement des systèmes d’IA les plus avancés, tout en préparant sa propre intelligence artificielle.

Sam Altman sait-il encore sur quel pied danser ?

Zoom arrière : avant même que les régulateurs européens s’en mêlent, ChatGPT s’est vu confronter à plusieurs levées de boucliers en Europe, notamment en Italie où le chatbot a été bloqué pour manque de transparence dans son utilisation des données, mais aussi en France et en Allemagne où des procédures similaires sont à l’étude.

  • Réactif, OpenAI a procédé à des modifications au sein de son IA générative pour rassurer et rester dans les clous sur le vieux continent.
  • Les utilisateurs bénéficient en effet depuis d’un meilleur contrôle sur leurs données, dont la possibilité de désactiver l’historique de recherche, ainsi que l’utilisation par OpenAI de leurs interactions avec le chatbot pour entrainer ses modèles.

OpenAI est donc prêt à faire des concessions pour rester en Europe et l’appel de son PDG à réguler le secteur suggère qu’il devrait être ravi de ce sur quoi travaille l’Union européenne. À moins qu’il ne craigne que la régulation européenne – connue pour être en faveur des utilisateurs – ne porte finalement préjudice à ses affaires.

Opération séduction

La présence du PDG sur le vieux continent, en déplacement pour rencontrer plusieurs dirigeants européens, peut évidemment être interprétée comme une tentative d’OpenAI de convaincre les régulateurs européens d’appliquer une régulation assez large pour encadrer l’IA.

  • Si la rapidité avec laquelle OpenAI a réagi pour se conformer aux exigences de plusieurs pays européens peut lui valoir une certaine sympathie de la part de l’UE, il ne faut pas oublier que les régulateurs élaborent une loi pour un secteur entier et non au cas par cas.
  • Durant sa prise de parole, il a confié que la bonne réponse serait « probablement quelque chose entre l’approche européenne-britannique traditionnelle et l’approche américaine traditionnelle » qui se montre souvent plus laxiste envers les géants technologiques.

On notera que le géant Meta avait lui aussi menacé de retirer ses services du vieux continent lorsque l’UE s’est penchée sur son cas. Une menace qu’il n’a finalement pas mise à exécution, malgré une amende record de 1,2 milliard de dollars.

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