Nouvelles sanctions de l’UE : pression renforcée sur le pétrole russe et les contournements financiers


Principaux renseignements

  • Le 20e train de sanctions de l’UE vise les services maritimes russes, dans le but de paralyser les revenus énergétiques du pays.
  • L’interdiction totale de services essentiels tels que l’assurance et l’accès aux ports entrave considérablement la capacité de la Russie à exporter du pétrole brut.
  • L’extension des interdictions d’importation et des restrictions à l’exportation isole davantage la Russie sur le plan économique tout en luttant contre les tactiques de contournement.

La Commission européenne a dévoilé son 20e train de sanctions contre la Russie, visant à réduire les revenus énergétiques de ce pays et à intensifier la pression économique dans le cadre des négociations de paix en cours à Abu Dhabi.

Impact économique

Selon la Commission, la Russie a enregistré une baisse de 24 pour cent de ses recettes fiscales provenant du pétrole et du gaz en 2025 par rapport à l’année précédente, ce qui représente le niveau le plus bas depuis 2020. L’inflation reste élevée et les taux d’intérêt se maintiennent à 16 pour cent.

Une mesure clé de ce paquet est l’interdiction totale des services maritimes pour le pétrole brut russe. Cette mesure vise à réduire les recettes énergétiques de la Russie, à entraver sa capacité à trouver des acheteurs et à freiner l’expansion de sa flotte parallèle.

Services maritimes

Les exportations russes de pétrole brut par voie maritime dépendent fortement des prestataires de services maritimes occidentaux, notamment des pétroliers immatriculés en Grèce, à Chypre et à Malte, ainsi que des services d’assurance, de financement, d’accès aux ports et de maintenance technique. Cette interdiction éliminerait efficacement ces services essentiels.

En outre, le paquet ajoute 43 pétroliers supplémentaires aux sanctions existantes de l’UE, portant le total à 640 navires. Ces désignations visent les navires impliqués dans des pratiques de contournement telles que des structures de propriété complexes, des changements de pavillon et des arrangements d’assurance alternatifs. L’UE a également introduit un barème dégressif pour le plafond actuel du prix du pétrole et prévoit de tenir à jour une liste des sanctions visant les pétroliers.

Extension des interdictions d’importation et des restrictions à l’exportation

Le paquet comprend de nouvelles interdictions d’importation de métaux, de produits chimiques et de minéraux critiques d’une valeur de plus de 570 millions d’euros, ainsi que des restrictions à l’exportation de technologies utilisées dans la production d’explosifs. Il propose un quota d’importation d’ammoniac et étend les restrictions à des produits tels que le caoutchouc, les tracteurs et les services de cybersécurité, d’une valeur de 340 millions d’euros. Vingt banques régionales russes supplémentaires seraient sanctionnées.

Si l’Inde et la Chine restent des destinations importantes pour le pétrole brut russe dans le cadre des accords de plafonnement des prix, la vérification de la conformité varie d’une juridiction à l’autre. La Russie développe activement des voies de transport alternatives, notamment des pipelines, des réseaux ferroviaires et des voies maritimes non occidentales.

Lutter contre le contournement des sanctions

Le nouvel outil anti-contournement de l’UE vise à restreindre les exportations de certains équipements informatiques et radio vers les juridictions considérées comme présentant un risque élevé de réexportation de marchandises vers la Russie. C’est la première fois qu’une telle mesure est mise en œuvre.

Le paquet de mesures traite également du contournement financier et basé sur les cryptomonnaies. Les banques régionales jouent un rôle dans la facilitation de mécanismes de paiement alternatifs, et le gel des avoirs limite l’accès aux systèmes de paiement internationaux. La coopération transfrontalière en matière de surveillance entre l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni facilite la détection des tentatives de contournement.

Le Kirghizistan est identifié comme un pays où plusieurs banques et sociétés de cryptomonnaie ont été sanctionnées pour avoir facilité le contournement des sanctions. Les restrictions imposées aux plateformes de cryptomonnaie visent l’évasion fiscale basée sur les actifs numériques. Plus de 100 personnes et entités supplémentaires sont soumises à des interdictions de voyager, à des restrictions de transactions et à des gels d’avoirs.

Sécurité énergétique de l’UE

Ce train de sanctions s’inscrit dans le contexte plus large des politiques de sécurité énergétique de l’UE. Il est prévu de mettre fin aux importations de GNL en provenance de Russie d’ici janvier 2027 et d’éliminer progressivement le gaz acheminé par gazoduc d’ici l’automne 2027. Les États membres en sont à des stades divers de préparation à cette transition.

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