Plus d’asphalte, moins de bouchons: les Pays-Bas enregistrent une baisse des embouteillages

Nos voisins néerlandais passent moins de temps dans les bouchons. Pourtant, le trafic autoroutier a augmenté. Alors qu’en Belgique, on a enregistré l’année dernier un nombre record de bouchons sur les autoroutes. Pourquoi? 

Alors que le trafic automobile augmente chaque année, le trafic de marchandise ne fait que grimper également. Le nombre d’accidents augmente aussi ce qui provoque plus de bouchons: +6% par rapport à l’année dernière. La moitié des embouteillages se forme sur deux noeuds: le ring d’Anvers et celui de Bruxelles. 

Aux Pays-Bas, on commence à investir massivement dans l’ajout d’asphalte et dans la restructuration  complète des goulots d’étranglement. Le résultat ne s’est pas fait attendre. 

 L’A1 est la route est-ouest qui part d’Amsterdam, passe par Amersfoort, Apeldoorn et Hengelo et rejoint la frontière avec l’Allemagne à De Lutte. C’est l’un des axes principaux des Pays-Bas puisqu’elle traverse tout le pays et dessert de grandes villes. Et sur cette route, la congestion routière a diminué de 80% 

MIRT

Le réseau routier des Pays-Bas est considéré comme l’un des meilleurs du monde et ce pour une bonne raison: ils disposent d’un véritable plan d’attaque, le Programme pluriannuel territoires, infrastructures et transports (MIRT).

Et il est diablement efficace avec des activités concrètes, des échéances et des ambitions. Dans le nouvel accord de coalition, il a été convenu de réserver plus de fonds pour son fonctionnement. Résultat, 700 millions d’euros ont été débloqués pour l’année prochaine. 

1.000 km en plus

D’ici 2030, 1.000 km de voies sera rajouté aux Pays-Bas. Et dans les années à venir, de nouvelles liaisons vont être installées avec notamment la construction de la nouvelle autoroute A16, l’extension de l’A15 et l’agrandissement de l’A27 à Utrecht. 

Ils vont également rajouter des entrées et sorties sur les autoroutes et les routes rejoignant l’A2 seront améliorées. À côté de ça, de l’argent supplémentaire sera alloué aux transports publics, en particuliers dans le trafic ferroviaire. 

Des entrées et des sorties supplémentaires seront ajoutées le long des autoroutes. Les routes qui rejoignent l’A2, l’artère de circulation la plus grande et la plus fréquentée des Pays-Bas, seront améliorées. Parallèlement, plus d’argent sera injecté dans les transports publics, en particulier dans le trafic ferroviaire. 

La Belgique

À côté, la gestion du trafic belge fait de la peine à voir. Chez nous, la politique concernant la circulation concerne les régions. Chez nous, il n’y a pas de nouvelles routes ou infrastructures comme aux Pays-Bas. En Wallonie, les caisses sont vides, il est donc impossible de rénover ou d’améliorer les autoroutes qui sont pour la plupart en mauvais état. 

Côté flamand, le ministre de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) a quelques ambitions pour la Flandre mais elles sont beaucoup plus modestes que les Néerlandais. Il promet par exemple d’introduire des voies supplémentaires en heure de pointe: le bande d’arrêt d’urgence par exemple. Une solution pas vraiment utile mais qui a le mérite de ne presque rien coûter. 

Le ring de Bruxelles

Bruxelles, c’est là que tout se joue. Cela fait des années que l’on essaie d’ajouter des voies d’entrées dans la capitale mais le dossier stagne. Weyts a besoin de l’aval du gouvernement bruxellois pour passer à l’action. Mais comme les relations entre les nationalistes flamands et la politique bruxelloise ne sont pas au beau fixe, ça n’avance pas. 

François Bellot (MR), lui, n’a pas l’air de vouloir travailler sur ce dossier et préfère se concentrer sur le trafic ferroviaire. Carlo di Antonio, lui, est intéressé pour créer des bandes spéciales pour le covoiturage. Il ne semble pas décidé à suivre l’exemple néerlandais.