Principaux renseignements
- Le constitutionnaliste renommé Marc Uyttendaele cesse immédiatement d’enseigner à l’ULB et partira anticipativement à la retraite.
- Uyttendaele évoque lui-même un « climat totalement irrationnel » ainsi qu’une campagne agressive de dénigrement à son encontre.
- Son départ intervient après de fortes pressions internes et des protestations, à la suite de la reconnaissance d’un geste inapproprié envers une stagiaire.
Le constitutionnaliste belge Marc Uyttendaele met fin immédiatement à ses fonctions de professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB) et prendra sa pension dès cet été. C’est ce qu’indique Le Soir. Dans un courriel adressé à la direction de la faculté de droit et de criminologie, il annonce mettre un terme à une carrière académique de plus de trente ans. Selon Uyttendaele, le climat académique entourant sa personne est devenu « totalement irrationnel » et il évoque une « campagne agressive de dénigrement ».
Comportement inapproprié
Les tensions au sein de la faculté se sont accrues après que Marc Uyttendaele a reconnu fin janvier avoir eu « un geste inapproprié » envers une ancienne stagiaire. Après avoir initialement nié les accusations d’atteinte à l’intégrité sexuelle, il a finalement accepté une médiation pénale proposée par le parquet de Bruxelles. Entre-temps, plusieurs centaines d’étudiants et de membres du personnel ont signé une pétition réclamant son départ définitif.
Des représentants étudiants ont en outre demandé qu’il ne réalise plus de missions juridiques pour l’université. L’ULB avait déjà décidé qu’il ne dispenserait plus de cours ni ne participerait aux examens durant le second quadrimestre de l’année académique en cours, sans maintien de rémunération. Selon l’université, cette mesure visait à préserver la sérénité du processus d’apprentissage et des évaluations, compte tenu du malaise exprimé par une partie des étudiants.
Selon Le Soir, Uyttendaele ne représentera plus personnellement l’ULB en tant qu’avocat. Le cabinet UG-A, qu’il a cofondé, continuera toutefois à traiter les dossiers de l’université par l’intermédiaire d’un autre associé.
Malaise persistant au sein de l’université
Malgré son retrait, l’affaire continue de susciter des tensions au sein de la communauté universitaire. Le Conseil des étudiants déplore l’absence d’une procédure disciplinaire formelle, tandis qu’une quarantaine de membres du personnel ont adressé une lettre à la rectrice Annemie Schaus afin de réclamer davantage de transparence et une position institutionnelle claire.
L’association féministe de juristes Fem&Law s’interroge également sur le signal envoyé aux étudiantes et étudiants. Elle rappelle notamment que Marc Uyttendaele avait lui-même défendu par le passé le principe d’écarter temporairement un enseignant visé par des faits de mœurs dans l’attente d’une clarification judiciaire.
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