Président Macron souhaite renforcer le rôle de la France dans le nucléaire européen


Principaux renseignements

  • Le président Macron cherche à tirer parti de l’arsenal nucléaire français pour renforcer la sécurité européenne à travers un discours historique.
  • Macron vise à apaiser les inquiétudes concernant la fiabilité des États-Unis en tant qu’allié dans un contexte de sécurité en pleine mutation en Europe.
  • Malgré la possibilité imminente d’une victoire de l’extrême droite en 2027, Macron espère établir un cadre durable pour la sécurité nucléaire européenne.

Le président français Emmanuel Macron se trouve face à une occasion cruciale de consolider sa vision visant à tirer parti de l’arsenal nucléaire français pour renforcer la sécurité européenne. À un peu plus d’un an de la fin de son mandat, Macron entend prononcer un discours historique présentant la stratégie atomique de la France. Ce discours sera examiné de près par les alliés européens, en particulier l’Allemagne et la Pologne, qui sont de plus en plus réceptifs à l’idée que la France joue un rôle plus important dans la protection du continent.

Après avoir compté pendant des décennies sur le parapluie nucléaire américain, les nations européennes recherchent désormais d’autres arrangements en matière de sécurité, motivées par des inquiétudes quant à la fiabilité des États-Unis en tant qu’allié et par la guerre en cours en Ukraine. Le discours de Macron devrait aborder ces préoccupations et pourrait offrir des engagements concrets plutôt que sa rhétorique habituelle.

Durabilité

Une question clé demeure toutefois : Macron peut-il établir un cadre durable pour la sécurité nucléaire européenne, compte tenu de la possibilité imminente que Marine Le Pen et son parti d’extrême droite, le Rassemblement national, remportent l’élection présidentielle de 2027? Selon POLITICO, les responsables européens espèrent que Macron proposera des mesures substantielles qui seraient difficiles à annuler par un gouvernement ultérieur. Le déploiement d’avions de combat à capacité nucléaire dans les pays européens ou le stationnement d’ogives françaises en dehors de la France sont des exemples de mesures audacieuses de ce type.

La France laisse entendre depuis longtemps qu’elle souhaite élargir le rôle de ses quelque 300 ogives nucléaires dans un contexte de sécurité européen plus large, mais l’Allemagne, traditionnellement méfiante à l’égard de telles propositions, montre désormais des signes d’ouverture. Le chancelier allemand Friedrich Merz a notamment récemment exprimé sa volonté de voir les forces allemandes opérer aux côtés des armes nucléaires françaises et britanniques.

Limites à l’expansion

Si le discours de Macron pourrait inclure des options telles que l’augmentation de l’arsenal nucléaire français ou la participation européenne à son exercice phare « Poker » simulant une attaque nucléaire, il existe toutefois des limites. Toute décision de lancer une frappe nucléaire resterait entre les mains de la France.

La volonté d’étendre le rôle nucléaire de la France se heurte à des difficultés. Certains pays, comme la Pologne, pourraient opter pour un développement nucléaire indépendant. En outre, l’extension du parapluie de sécurité à chaque pays soulève des inquiétudes quant à son coût et aux divisions potentielles au sein de l’Europe. Un haut responsable allemand a souligné que Berlin ne financerait pas un arsenal contrôlé par la France, tandis qu’un responsable de l’OTAN a mis en garde contre la création de zones de sécurité inégales en Europe.

Élections de 2027 

Les élections de 2027 qui approchent jettent une ombre sur les efforts de Macron. L’opposition du Rassemblement national à son dialogue nucléaire avec les alliés européens et ses divisions internes concernant la Russie compliquent le tableau. Alors que Marine Le Pen soutient que « le nucléaire appartient aux Français », son successeur potentiel, Jordan Bardella, adopte une position plus nuancée sur la défense des intérêts français au-delà des frontières nationales.

La possibilité d’une victoire du Rassemblement national l’année prochaine remet en question la crédibilité de l’initiative de Macron. Certaines capitales européennes se préparent déjà à un scénario dans lequel Le Pen ou Bardella prendraient leurs fonctions. Cette incertitude souligne l’urgence et la complexité de la tentative de Macron de remodeler le paysage nucléaire européen.

(jw)

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