L’Ukraine souhaite adhérer à l’UE avant les élections françaises de 2027


Principaux renseignements

  • L’Ukraine souhaite adhérer à l’UE avant les élections présidentielles françaises de 2027.
  • L’UE envisage d’accorder à l’Ukraine une adhésion partielle dès l’année prochaine.
  • Des inquiétudes subsistent quant aux obstacles potentiels que pourraient représenter le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et une éventuelle victoire de l’extrême droite en France en 2027.

L’Ukraine estime disposer d’un délai limité pour assurer son avenir au sein de l’Union européenne et vise à adhérer avant la prochaine élection présidentielle française en 2027. Elle estime que cette fenêtre d’opportunité se situe entre les élections hongroises d’avril 2026 et le scrutin français d’avril 2027. C’est ce que déclarent des responsables à la plateforme d’information Politico.

Une voie vers une adhésion partielle

L’UE envisage un plan visant à accorder à l’Ukraine une adhésion partielle dès l’année prochaine. Cela impliquerait que l’Ukraine obtienne le statut d’observateur lors des sommets du Conseil européen et des réunions des commissions parlementaires, tout en achevant les réformes nécessaires à son adhésion à part entière. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé son souhait d’accélérer le processus d’adhésion, soulignant l’importance de 2027 comme objectif réaliste pour éviter une obstruction prolongée de la part du président russe Vladimir Poutine.

L’Ukraine tient à éviter de répéter l’expérience de sa candidature à l’OTAN, qui a été effectivement bloquée en raison de l’opposition de Washington. Elle anticipe les défis posés par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui a fait de l’opposition aux aspirations européennes de l’Ukraine un élément clé de sa campagne de réélection avant les élections d’avril. Cependant, elle estime que la position de M. Orbán pourrait s’assouplir s’il obtient un nouveau mandat, notamment sous la pression du président américain Donald Trump.

Alliés potentiels

Si Orbán perdait les élections hongroises, Bruxelles et Kiev considèrent Péter Magyar, le leader de l’opposition actuellement en tête dans les sondages, comme un allié potentiel. Bien que Magyar ait critiqué l’Ukraine, il semble disposé à s’engager de manière plus constructive avec l’UE. Le déblocage des fonds européens gelés pour la Hongrie pourrait l’inciter à lever l’opposition de la Hongrie à la candidature de l’Ukraine à l’UE.

Le président du Conseil européen, António Costa, a rassuré Zelensky quant au soutien indéfectible de l’UE à une Ukraine libre, souveraine et prospère au sein du bloc. Cependant, Kiev craint que la prolongation des négociations et le désintérêt de Trump n’entraînent l’exclusion de l’Ukraine de l’UE jusqu’après le prochain cycle électoral en 2029, voire au-delà.

Facteur Le Pen

Dans la perspective de l’élection présidentielle française d’avril 2027, des inquiétudes surgissent quant à la victoire potentielle du parti d’extrême droite Rassemblement national de Marine Le Pen, qui a toujours affiché sa sympathie pour le Kremlin. Son accession au pouvoir pourrait constituer un obstacle majeur aux aspirations de l’Ukraine à adhérer à l’UE.

Les responsables de l’UE reconnaissent qu’une adhésion à part entière de l’Ukraine avant 2027 est irréaliste et soulignent la nécessité pour l’Ukraine de mener à bien les réformes nécessaires avant son adhésion. Tout en comprenant le désir de Zelensky d’avoir un calendrier concret, ils soulignent que les dates seules ne suffisent pas sans progrès tangibles en matière de réformes. Les discussions au sein de l’UE se concentrent sur la mise à jour du processus d’adhésion afin de l’aligner sur le paysage géopolitique actuel. La commissaire à l’élargissement, Marta Kos, plaide en faveur d’une discussion plus large entre les États membres sur l’adaptation de la méthodologie afin de mieux répondre aux besoins actuels, mettant en garde contre la complaisance qui pourrait pousser les membres potentiels de l’UE vers d’autres alliances. Elle donne la priorité à une intégration rapide pour contrer les influences extérieures et empêcher l’utilisation comme arme des pays aspirant à rejoindre l’UE.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus