Principaux renseignements
- La Commission européenne propose « EU Inc » comme structure d’entreprise facultative afin de simplifier l’enregistrement et l’expansion transfrontaliers des start-ups.
- EU Inc vise à renforcer les entreprises européennes en rationalisant les processus et en harmonisant la réglementation.
- Cette initiative cherche à retenir les talents et à décourager la délocalisation des entreprises prospères en rendant l’environnement commercial plus prévisible et plus attractif.
La Commission européenne vise à renforcer l’écosystème des start-ups de l’UE en proposant « EU Inc », une structure d’entreprise facultative conçue pour simplifier l’enregistrement et l’expansion dans les États membres. Cette initiative répond aux préoccupations selon lesquelles les entreprises européennes prometteuses délocalisent souvent vers des marchés comme les États-Unis pour bénéficier de meilleures opportunités de croissance.
Rationalisation des processus d’entreprise
EU Inc vise à établir un ensemble unifié de règles d’entreprise applicables dans l’ensemble de l’Union, rationalisant ainsi les processus administratifs pour les fondateurs opérant dans plusieurs pays. Il convient de noter que le système serait entièrement numérique, permettant un enregistrement rapide en 48 heures à un coût minime (100 d’euros). La Commission s’inspire du processus de constitution de société convivial du Delaware, aux États-Unis, tout en soulignant qu’EU Inc fonctionnera comme un cadre facultatif parallèlement aux formes de sociétés nationales existantes.
La proposition reconnaît l’esprit d’entreprise européen, mais souligne la difficulté de l’UE à faire émerger des entreprises prospères à l’échelle mondiale. Bien qu’elle ait généré plus de start-ups par an que les États-Unis entre 2018 et 2023, l’UE a produit nettement moins de licornes que ses homologues américains et chinois. La Commission attribue cette disparité à la fragmentation des systèmes juridiques et administratifs au sein de l’UE, qui rend la croissance des entreprises plus difficile.
Avancée pragmatique
Tout en reconnaissant que l’initiative «EU Inc» ne résoudra pas tous les obstacles rencontrés par les start-ups, le commissaire Michael McGrath la présente comme une avancée pragmatique vers un environnement commercial plus cohérent. La Commission envisage «EU Inc» dans le cadre plus large d’un «28e régime», permettant aux entreprises d’opter pour des réglementations européennes harmonisées au lieu de s’en remettre uniquement aux systèmes nationaux lorsqu’elles opèrent au-delà des frontières.
Il est important de noter qu’EU Inc ne remplacerait pas complètement les règles nationales. Des questions telles que le droit du travail et la fiscalité resteraient soumises aux législations des États membres. Ce dispositif se positionne donc principalement comme une simplification de la création et de la gouvernance des entreprises plutôt que comme une unification complète de l’environnement commercial. Son succès dépend de la perception qu’en ont les fondateurs et les investisseurs : la réduction de la complexité du droit des sociétés doit être considérée comme l’emportant sur la persistance des différences nationales dans d’autres domaines.
S’attaquer aux préoccupations de longue date
La Commission répond également aux préoccupations de longue date des start-ups et des investisseurs concernant la complexité des règles relatives aux options sur actions des salariés et aux procédures d’insolvabilité. En cherchant à rendre ces aspects plus prévisibles, Bruxelles espère retenir les talents et dissuader les entreprises prospères de délocaliser hors d’Europe à mesure qu’elles se développent.
Le parcours législatif de l’EU Inc sera complexe, nécessitant l’approbation tant des États membres que du Parlement européen. Les tentatives passées visant à introduire des formes de sociétés au niveau de l’UE n’ont eu qu’un impact limité sur le paysage des start-ups. Cependant, la Commission estime que la nature numérique de l’EU Inc et l’accent mis sur les entreprises à forte croissance la rendront plus attrayante.
Programme plus large
La proposition va au-delà du droit des sociétés et s’inscrit dans une stratégie plus large de compétitivité, motivée par les préoccupations concernant le retard des investissements en Europe, la faible croissance de la productivité et la dépendance à l’égard des marchés financiers et des technologies étrangers. En substance, l’EU Inc sert de signal politique : la Commission cherche à démontrer que le marché unique peut être rendu plus accessible aux entreprises nécessitant des opérations transfrontalières rapides.
L’impact réel d’EU Inc reste incertain. Qu’il devienne un outil précieux pour les fondateurs ou qu’il reste une réforme bien intentionnée mais limitée dépendra des négociations à venir. Pour l’instant, la Commission a présenté une vision claire : si l’Europe veut favoriser un écosystème de start-ups florissant, elle doit simplifier le cadre juridique pour faire des affaires au sein du marché unique.
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