L’UE fait pression pour interdire l’entrée dans l’espace Schengen aux anciens combattants russes


Principaux renseignements

  • Huit États membres de l’UE proposent d’interdire l’entrée dans l’espace Schengen aux anciens et actuels combattants russes.
  • Des inquiétudes sont exprimées quant au risque que ces individus se livrent à des activités criminelles, à l’extrémisme ou à des opérations hostiles contre les États membres de l’UE.
  • La proposition souligne la nécessité d’une approche unifiée de l’UE pour faire face aux risques sécuritaires posés par les anciens combattants russes.

Les inquiétudes grandissent au sein de l’Union européenne concernant les risques potentiels pour la sécurité que représentent les anciens et actuels combattants russes. Huit États membres de l’UE, dont l’Allemagne, ont conjointement appelé à une interdiction d’entrée dans l’espace Schengen à l’échelle de l’Union pour les personnes ayant servi dans les forces armées russes. C’est ce qu’écrit EU Today.

Inquiétudes croissantes

Cette proposition, portée par les États baltes, la Pologne, la Finlande, la Suède et la Roumanie, découle de la crainte que ces personnes ne se livrent à des activités criminelles, ne rejoignent des réseaux extrémistes ou ne mènent des opérations hostiles contre des États membres de l’UE. Ils font valoir que le conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine et la libération de plus de 180 000 criminels condamnés pour les intégrer dans les rangs de l’armée exacerbent ces inquiétudes.

Cet appel à l’action coïncide avec l’adoption récente par l’UE de sa première stratégie en matière de politique des visas, qui ouvre la voie à des restrictions ciblées sur certaines catégories de voyageurs, notamment les anciens combattants issus d’États agresseurs. Les huit pays exhortent la Commission européenne à traduire ce langage stratégique en options juridiques concrètes, en modifiant éventuellement le code des visas afin de traiter cette question à l’échelle de l’Union.

Nécessité d’une approche unifiée

Leur intervention met en évidence le nombre croissant de visas Schengen délivrés à des citoyens russes et les limites des mesures nationales pour traiter un problème qui transcende les frontières. Ils soulignent la nécessité d’une approche unifiée de l’UE pour prévenir d’éventuelles vulnérabilités à long terme.

Cette proposition fait l’objet de discussions depuis des semaines et a pris de l’ampleur après que le ministre estonien des Affaires étrangères a appelé à l’établissement d’une liste noire coordonnée des vétérans russes lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Le chef de la diplomatie européenne a indiqué que de nombreux États membres soutiennent cette initiative.

Double approche

Alors que l’Estonie a déjà commencé à imposer des interdictions d’entrée sur son territoire à des soldats russes identifiés, la Lituanie prépare des mesures similaires tout en plaidant en faveur d’un cadre commun de l’UE. Cette double approche suggère que certains États membres reconnaissent la nécessité d’une solution unifiée, compte tenu des limites du contrôle des mouvements au sein de l’espace Schengen une fois qu’une personne est entrée par un autre État membre.

Les huit dirigeants appellent à une discussion rapide sur cette question lors du prochain sommet du Conseil européen, dans le but de parvenir à des conclusions concrètes. Il n’est pas encore certain que la Commission poursuivra des modifications législatives ou proposera un mécanisme de coordination plus limité. Cependant, le débat a indéniablement évolué, huit États membres de l’UE exigeant désormais que l’UE traite les anciens combattants russes non pas simplement comme une question d’immigration, mais comme un problème de sécurité à l’échelle de l’espace Schengen. (fc)

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