Principaux renseignements
- L’Union européenne souhaite renforcer ses liens avec la Turquie.
- Malgré ses inquiétudes quant au recul démocratique de la Turquie, l’UE reconnaît que la puissance militaire et la situation stratégique de ce pays constituent des atouts précieux.
- La Turquie souhaite renouveler son accord d’union douanière avec l’UE afin d’uniformiser les règles du jeu en matière commerciale.
L’Union européenne cherche à renouer ses relations avec la Turquie. Elle reconnaît son rôle crucial dans l’avenir de l’Ukraine. À mesure que les négociations de paix progressent, le potentiel de la Turquie en tant que gardienne de la paix et puissance régionale dans la région de la mer Noire devient de plus en plus évident.
Défis
Cependant, ce rapprochement s’accompagne de défis. Sous la présidence de Recep Tayyip Erdoğan, la Turquie a connu un recul démocratique et a été critiquée pour son bilan en matière de droits de l’homme. Cela incite L’UE à agir avec prudence. Elle est consciente des tendances autoritaires d’Erdoğan et de la répression qu’il exerce à l’encontre de ses opposants politiques. Néanmoins, le bloc considère la Turquie comme un partenaire essentiel, notamment en raison de sa puissance militaire, de sa position stratégique contrôlant le détroit du Bosphore et de son rôle dans la négociation de l’accord sur les céréales de la mer Noire.
Un partenariat renouvelé
Afin de lancer ce partenariat renouvelé, la commissaire à l’élargissement, Marta Kos, se rendra à Ankara pour rencontrer des responsables turcs. Ce voyage vise à instaurer la confiance et à explorer les possibilités d’une coopération économique. Une étape clé consiste en la reprise par la Banque européenne d’investissement des prêts à la Turquie pour des projets d’énergie renouvelable. Celles-ci ont été interrompues en raison de désaccords sur le forage pétrolier et gazier.
L’union douanière
Bien qu’il s’agisse là de premières mesures positives, le souhait ultime de la Turquie est de conclure un accord d’union douanière modernisé avec l’UE. L’accord existant, signé en 1995, place la Turquie dans une position désavantageuse par rapport aux accords commerciaux récemment conclus par l’UE avec l’Inde et le Mercosur. Même le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu a exhorté l’UE à moderniser l’accord d’union douanière.
Cependant, les progrès se heurtent à des obstacles. La Grèce et Chypre s’opposent à un rapprochement sans concessions de la part de la Turquie, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de Chypre par la Turquie. Le refus d’Ankara d’autoriser les navires chypriotes à entrer dans ses ports reste un point de friction.
Malgré ces défis, il y a une lueur d’espoir. L’évolution du paysage géopolitique et le potentiel d’intérêts communs pourraient encourager les deux parties à trouver un terrain d’entente. La Turquie continue d’exprimer son ambition d’adhérer à l’UE, tandis que le bloc reconnaît la nécessité d’adopter de nouvelles perspectives sur leurs relations. (ev)(fc)
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