Principaux renseignements
- L’Irlande demande à l’Union européenne d’exclure les engrais de la taxe carbone aux frontières afin d’alléger les coûts élevés pour les agriculteurs.
- La France et l’Italie soutiennent la position irlandaise et réclament des aides temporaires pour protéger leur agriculture et leur sécurité alimentaire.
- La Commission européenne admet l’impact des prix des engrais, mais fait face à l’opposition des pays craignant pour la survie de leurs producteurs.
La guerre au Moyen-Orient a entraîné des difficultés importantes pour les agriculteurs irlandais, qui sont confrontés à la hausse des coûts du carburant et des engrais. Cette pression sur le secteur agricole survient à la veille d’une réunion cruciale des ministres de l’UE à Bruxelles. Timmy Dooley, ministre adjoint de l’Agriculture irlandais, qualifie la situation de « grave » et appelle à une certaine souplesse dans la réglementation climatique de l’UE.
L’Irlande demande une exemption
L’Irlande réclame l’exclusion des engrais du mécanisme carbone aux frontières (CBAM). Ce système taxe les émissions produites, ce qui augmente les factures des agriculteurs. Par ailleurs, le blocage du détroit d’Ormuz perturbe les livraisons. Selon les Nations unies, ce conflit touche environ treize pour cent de la production mondiale.
Soutien de la France et de l’Italie
La France et l’Italie soutiennent la position de l’Irlande. Ces pays veulent protéger leurs agriculteurs des frais supplémentaires sur les importations d’engrais. Ils considèrent que ces mesures protègent la compétitivité et la sécurité alimentaire. Par ailleurs, la France demande des aides immédiates.
Elle propose de suspendre la taxe carbone (CBAM) sur les engrais et l’ammoniac depuis le 1er janvier 2026. En même temps, des députés européens de plusieurs partis exigent une analyse des tensions dans le détroit d’Ormuz. Ils s’inquiètent des conséquences sur les prix et les risques de pénurie.
La Commission européenne reconnaît les défis
La Commission européenne reconnaît les défis actuels. Le commissaire au commerce Maroš Šefčovič indique notamment que les prix des engrais restent environ soixante pour cent plus élevés qu’en 2020. Cette situation pèse lourdement sur les agriculteurs et nuit à leur compétitivité. Par ailleurs, l’Irlande, la France et l’Italie s’opposent systématiquement aux accords commerciaux qui pourraient menacer leurs producteurs.
Le projet de la Commission européenne visant à mettre en œuvre à titre provisoire, à partir du 1er mai, l’accord commercial avec le Mercosur, qui couvre l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, se heurte à l’opposition de l’Irlande en raison de préoccupations concernant les normes et la protection de l’environnement. Cependant, Dooley a exprimé son soutien à un accord récent entre l’UE et l’Australie, soulignant les opportunités potentielles pour l’Irlande dans le secteur agroalimentaire et d’autres secteurs. (fc)
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