Principaux renseignements
- Le régime iranien a augmenté le salaire minimum de 60 pour cent afin de lutter contre la flambée du coût de la vie et d’apaiser les troubles sociaux.
- Malgré cette augmentation, le nouveau salaire minimum reste insuffisant pour couvrir les besoins fondamentaux de la plupart des familles iraniennes.
- Pour parvenir à une stabilité économique durable, l’Iran doit s’attaquer aux causes profondes de sa crise par le biais de réformes globales.
Confronté à la fois à la guerre et à de sévères sanctions économiques, le régime iranien a annoncé une augmentation de 60 pour cent du salaire minimum. Cette mesure vise à contrebalancer la flambée du coût de la vie qui a mis à mal le budget des ménages dans tout le pays. Le nouveau salaire minimum passera de 103 millions de rials (67,5 euros) à 166 millions de rials (109 euros) par mois, à compter du 20 mars, date du début du Nouvel An persan.
Réponse du gouvernement aux manifestations
Cette décision fait suite à des manifestations généralisées alimentées par les difficultés économiques au début de l’année 2026, auxquelles le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a répondu par une répression brutale qui a fait environ 36 000 morts selon des sources indépendantes. Les autorités iraniennes utilisent cette augmentation salariale comme un moyen de stabiliser la société et de répondre à la pression des organisations syndicales qui réclament de meilleures conditions de vie.
Cependant, même avec cette augmentation substantielle, le nouveau salaire minimum reste insuffisant pour couvrir les besoins fondamentaux. Les syndicats avaient initialement réclamé un minimum de 600 millions de rials (393 d’euros ) par mois, soulignant la dure réalité selon laquelle l’augmentation actuelle est loin de couvrir le coût des produits de première nécessité pour une famille moyenne.
Pressions inflationnistes
L’économie iranienne est aux prises avec une inflation record, exacerbée par la guerre en cours et les sanctions internationales. À elle seule, l’inflation alimentaire a atteint près de 90 pour cent, tandis que les prix à la consommation ont bondi de 44,6 pour cent en 2025. Cela signifie que les gains de pouvoir d’achat résultant de l’augmentation des salaires pourraient rapidement s’évaporer sans réformes structurelles plus profondes visant à atténuer les sanctions et à enrayer la dépréciation du rial.
La situation économique actuelle en Iran est désastreuse, dépassant même les épreuves vécues lors de l’occupation anglo-soviétique du pays pendant la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, les chaînes d’approvisionnement avaient été perturbées, les marchandises réquisitionnées et l’inflation avait grimpé en flèche, entraînant des souffrances généralisées et la famine. Aujourd’hui, les familles iraniennes sont contraintes de réduire drastiquement leur alimentation, comptant sur des emplois supplémentaires ou la vente de leurs biens simplement pour survivre. (fc)
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