Principaux renseignements
- Le secteur belge du commerce de l’or souffre de pratiques tarifaires incohérentes et de pratiques potentiellement trompeuses envers les clients, de nombreux négociants proposant des prix nettement inférieurs à la valeur réelle des bijoux en or.
- Les inspections menées par l’Inspection économique ont révélé un manque de standardisation des prix, même au sein d’une même chaîne de bureaux de change d’or.
- Les consommateurs sont invités à faire preuve de prudence lorsqu’ils vendent de l’or, en particulier à des acheteurs à domicile qui peuvent utiliser des tactiques trompeuses pour sous-évaluer leurs biens.
Des enquêtes récentes menées par l’Inspection économique ont mis au jour des pratiques abusives dans le secteur du commerce de l’or, ce qui a entraîné une multiplication des inspections à la suite des révélations faites par l’émission de consommateurs WinWin de VRT. Les recherches menées dans le cadre de cette émission, qui ont consisté à tester différents négociants en or avec un échantillon de bijoux en or d’une valeur de 2 411 euros, ont révélé des écarts de prix importants et une tromperie potentielle des clients.
Pratiques tarifaires inégales
Sur dix bureaux de change sélectionnés au hasard dans le quartier de la gare d’Anvers, seuls deux proposaient des prix se rapprochant vaguement de la valeur réelle des bijoux. Cinq autres faisaient des offres nettement inférieures, allant de 40 pour cent à 60 pour cent de moins que la valeur réelle. Les trois autres bijoutiers exigeaient des frais d’évaluation pouvant atteindre 200 euros, une pratique peu courante chez les autres négociants.
Une enquête plus approfondie menée dans trois succursales de la chaîne « Gold Exchange Office » a donné des résultats incohérents. Deux succursales ont proposé 2 100 euros, tandis que la troisième n’a proposé que 1 500 euros, ce qui souligne un manque de transparence et de pratiques tarifaires standardisées au sein d’une même entreprise.
Évaluations variables du nombre de carats
Le processus d’évaluation des bijoux anciens consiste à déterminer la pureté en carats à l’aide de pierres de touche et de produits chimiques, puis à les peser sur des balances calibrées. Cependant, malgré l’utilisation des mêmes techniques, les négociants aboutissent souvent à des évaluations très différentes. L’équipe WinWin a rapporté des cas où la même bague a été évaluée à 18 carats dans un magasin et à 9 carats dans un autre. Dans un cas particulièrement flagrant, une pièce d’or d’une valeur de 335 euros n’a été proposée qu’à 10 euros.
Ces conclusions ont incité Ars Nobilis, la fédération belge de l’horlogerie et de la bijouterie, à réclamer une surveillance plus stricte de la part du gouvernement. Elle préconise une augmentation des inspections afin de lutter contre l’exploitation généralisée des consommateurs.
Inspection économique
L’Inspection économique a réagi en intensifiant les contrôles dans ce secteur. Les inspecteurs s’attachent à vérifier la précision des balances, à garantir l’affichage clair des prix et à enquêter sur les éventuelles tromperies à l’égard des clients.
Bien qu’il n’existe aucune réglementation dictant les prix de l’or, les négociants doivent respecter des pratiques éthiques et afficher clairement leurs taux d’achat quotidiens. L’Inspection reconnaît que les fausses déclarations se produisent souvent lors de l’évaluation de la pureté en carats plutôt que lors du processus de pesée. Elle souligne que tous les bijoux vendus en Belgique doivent être étiquetés avec leur teneur approximative en carats.
Avertissements supplémentaires
En outre, l’Inspection met en garde contre les paiements en espèces supérieurs à 500 € pour les métaux précieux, une pratique interdite par la loi afin de prévenir le blanchiment d’argent.
Enfin, tant le Service public fédéral Économie que la fédération sectorielle mettent en garde contre les acheteurs d’or à domicile, qui ont souvent recours à des tactiques trompeuses pour sous-évaluer les bijoux des clients.
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