L’inflation dans la zone euro reprend de la vigueur, mais reste inférieure à l’objectif de la BCE


Principaux renseignements

  • L’inflation dans la zone euro s’est établie à 1,7 pour cent (sur base annuelle) en février.

  • Aucun autre État membre de l’union monétaire n’a enregistré un taux d’inflation plus élevé que la Slovaquie (4 pour cent).

  • On craint que l’inflation ne continue d’augmenter si le conflit au Moyen-Orient ne prend pas rapidement fin.


Dans l’actualité : après une baisse en janvier, l’inflation a repris de la vigueur le mois dernier. Le dernier rapport sur l’inflation publié par l’office statistique européen Eurostat nous apprend que les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté en moyenne de 1,9 pour cent le mois dernier par rapport à l’année précédente.

  • Bien que le taux d’inflation global soit inférieur à l’objectif de la BCE, l’inflation sous-jacente a franchi la barre des 2 pour cent. Elle s’élevait à 2,4 pour cent en février, contre 2,2 pour cent en janvier.

En Belgique, l’inflation reste stable

Zoom : nulle part ailleurs dans la zone euro l’inflation n’est plus élevée qu’en Slovaquie. En février, les Slovaques ont vu les prix à la consommation augmenter de pas moins de 4 pour cent par rapport au même mois en 2025.

  • Dans dix États membres de la zone euro, l’inflation est supérieure à l’objectif de 2 pour cent fixé par la BCE. Outre la Slovaquie, c’est également le cas de la Croatie (3,9 pour cent), de l’Estonie (3,2 pour cent), la Lituanie (3,2 pour cent), la Slovénie (2,8 pour cent), l’Espagne (2,5 pour cent), l’Irlande (2,4 pour cent), la Lettonie (2,4 pour cent), les Pays-Bas (2,3 pour cent), l’Autriche (2,3 pour cent), Malte (2,2 pour cent) et le Portugal (2,1 pour cent).
  • Il est à noter que le taux d’inflation dans notre pays, qui s’élève à 1,4 pour cent, est inférieur à l’objectif de la banque centrale. Le taux d’inflation de l’office statistique européen est donc conforme à celui de Statbel. Selon l’office statistique belge, les prix à la consommation dans notre pays ont augmenté de 1,45 pour cent le mois dernier par rapport à février 2024.
    • Pour rappel, la méthode de calcul d’Eurostat diffère de celle des offices nationaux de statistique. L’office statistique européen utilise l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). La composition du panier de biens et services, entre autres, diffère de celle de l’indice des prix à la consommation (IPC) national.
    • L’IPCH est conçu pour être cohérent entre les États membres, tandis que les indices nationaux tels que l’IPC peuvent mieux refléter les réalités économiques locales.
  • La Belgique n’est d’ailleurs pas le seul État membre de la zone euro où l’inflation est inférieure à 2 pour cent. Au Luxembourg (1,8 pour cent), en Finlande (1,8 pour cent), en Italie (1,6 pour cent), en France (1,1 pour cent) et à Chypre (0,9 pour cent), la dépréciation monétaire est également inférieure à ce niveau.

Impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’inflation dans la zone euro

Perspectives : on craint que le conflit au Moyen-Orient ne relance l’inflation. Les prix du gaz et du pétrole ont ainsi fortement augmenté ces derniers jours.

  • Le prix du baril de Brent oscille actuellement autour de 83 dollars, son plus haut niveau depuis plus d’un an.
  • Sur le marché de gros, le gaz se négocie à environ 60 euros par mégawattheure. La dernière fois que le prix a atteint un tel niveau, c’était au premier trimestre 2025.
  • « L’approvisionnement énergétique de la zone euro reste vulnérable, car il est devenu beaucoup plus dépendant du GNL, dont les prix mondiaux ont fortement augmenté depuis le week-end. Plus le conflit durera, plus l’impact sur l’inflation et la croissance économique dans la zone euro sera important », commente Bert Colijn, économiste chez ING, à propos du rapport sur l’inflation. Il ajoute que l’inflation continuera d’augmenter si le conflit militaire se poursuit.
  • Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), a également déjà averti qu’une nouvelle hausse de l’inflation était possible compte tenu des développements actuels. Il a établi une comparaison avec la hausse de l’inflation en 2021-2022 suite au début de la guerre en Ukraine. Selon Colijn, la BCE restera vigilante face à une nouvelle hausse significative de l’inflation, mais il souligne qu’il n’est pas judicieux pour l’instant de prendre des décisions hâtives.

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