Liban: des policières sexy employées pour stimuler le tourisme

Pendant des siècles, leLiban a été considéré comme le pont entre l’Ouest et l’Est grâceà son commerce particulièrement prospère. Dans ce sens, le paysfut d’ailleurs surnommé la « Suisse du Moyen-Orient ».La capitale Beyrouth était souvent comparée à Paris. Toutefois,des années de guerre et les activités de l’État islamique ont misfin à cette prospérité.

De nos jours, deplus en plus de touristes du Golfe et d’Europe évitent le Liban parcrainte de l’extrémisme islamiste. Pour réactiver le secteurtouristique, Pierre Achkar, le maire de la ville montagnarde deBroumana, village qui surplombe la capitale Beyrouth, a eul’idée d’embaucher des jeunes femmes vêtues avec des mini-shortssexy en tant qu’agents de police chargés de la circulation.

« Nous sommes unedémocratie, nos femmes sont libres »

De cette façon, le mairesouhaite montrer aux touristes que le même mode de vie qu’enOccident est appliqué au Liban, explique The Economist. « Noussommes une démocratie, nos femmes sont libres », a-t-ildéclaré.

Toutefois, l’initiative dumaire a provoqué une série de réactions partagées. Certains sedisent satisfaits de cette mesure. Toutefois, pour d’autres, celaexpose les jeunes femmes au harcèlement sexuel etcela pourrait également distraire les conducteurs et provoquer desaccidents de la circulation. Mais le maire n’en démord pas. « Pourquoi devrions-nous embaucher des filles laides ? »,s’interroge-t-il.

Selon le chef de lapolice de la ville, qui compare ces jeunes femmes à des fleurs, cessubalternes féminines ont apaisé le tempérament desautomobilistes. « Les hommes sont plus susceptibles de porterleur ceinture de sécurité et de conduire prudemment quand une joliefemme leur dit de le faire », explique-t-il.

Le harcèlement sexueln’est pas un crime au Liban

Lina Abirafeh, directricede l’Institut d’études des femmes dans le monde arabe, s’est dite outrée de cette affaire. Jusqu’il y a peu, les violeurs au Libanpouvaient épouser leurs victimes pour échapper à toute punition.Certains peuvent encore le faire si la fille a 15-17 ans. Lestribunaux religieux, qui statuent sur le divorce et la garde desenfants, discriminent les femmes et les empêchent de quitter leurmari violent, explique Abirafeh. Par ailleurs, le harcèlement sexueln’est pas un crime. En évoquant la mesure du maire, la directriceexplique qu’il s’agit « d’un exercice de relations publiques bonmarché qui nous rappelle à quel point nous sommes loin del’égalité, des droits et du respect. »

Ce n’est pas la premièrefois que le Liban emploie des femmes à courtement vêtues pour attirerles touristes. En 1975, avant que la guerre civile n’éclate, leministère du Tourisme avait publié une annonce dans le magazine Playboypour laquelle des femmes en bikini posaient promettant aux touristesde réaliser leur « fantaisie des Nuits Arabes ». Uneautre campagne en 2011 avait mis en vedette un homme hypnotisé par lessouvenirs de femmes libanaises en bikini. Cette vidéo avait également suscitéune vague de protestations.

L’industrie du tourisme auLiban, pilier de l’économie en difficulté, a bien besoin d’uncoup de pouce. En effet, la guerre en Syrie, la tourmente politique, leterrorisme et la colère contre l’influence croissante de l’Iran font en sorte que de moins en moins de touristes visitent lepays. Cependant, il n’est pas certain que les courts shorts sexy de ces agentsde police ne les fassent revenir, conclut The Economist.  

© EPA