Principaux renseignements
- Selon Martina Weimert, PDG de l’European Payments Initiative (EPI), l’Europe doit de toute urgence développer des systèmes de paiement indépendants afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des géants américains tels que Visa et Mastercard.
- La dépendance excessive vis-à-vis des entreprises technologiques américaines crée des vulnérabilités qui pourraient être exploitées à des fins géopolitiques.
- Bien qu’un euro numérique soit en cours de développement, la lenteur de son calendrier souligne le besoin immédiat de solutions de paiement paneuropéennes alternatives.
Selon Martina Weimert, PDG de l’European Payments Initiative (EPI), l’Europe doit réduire de toute urgence sa dépendance vis-à-vis des géants américains du traitement des paiements tels que Visa et Mastercard. Bien qu’il existe des systèmes de cartes nationaux en Europe, ceux-ci ne permettent pas les transactions transfrontalières et perdent en popularité.
Cette dépendance inquiète les responsables européens, qui craignent que ces entreprises américaines puissent tirer parti de leur position dominante sur le marché pour obtenir un avantage géopolitique en cas de détérioration des relations transatlantiques. C’est ce qu’écrit le Financial Times.
Les vulnérabilités d’une dépendance excessive
La domination des entreprises technologiques américaines dans d’autres secteurs, tels que la cybersécurité, souligne encore davantage les vulnérabilités potentielles d’une dépendance excessive. L’ancien président de la BCE, Mario Draghi, a souligné à quel point une intégration profonde peut créer des dépendances susceptibles d’être exploitées, transformant l’interdépendance d’une source de retenue en une source de contrôle.
Les efforts visant à mettre en place un moyen de paiement alternatif paneuropéen se sont heurtés à des difficultés. La plateforme de paiement numérique de l’EPI, Wero, lancée en 2024, a séduit des millions d’utilisateurs en Belgique, en France et en Allemagne, mais ses projets d’expansion sont toujours en cours. Les initiatives passées du secteur privé ont peiné à atteindre une taille suffisante en raison des difficultés à s’aligner sur des normes communes.
L’initiative « euro numérique »
Pour y remédier, la Banque centrale européenne mène le développement d’un euro numérique, une initiative publique visant à renforcer la souveraineté monétaire au sein de la zone euro. Ce projet a suscité un débat parmi les décideurs politiques, certains prêteurs exprimant leurs inquiétudes quant à son impact potentiel sur l’innovation dans le secteur privé. Un vote crucial au Parlement européen plus tard cette année déterminera le sort de l’euro numérique.
Si l’euro numérique pourrait jeter les bases d’un futur équivalent européen de Visa ou Mastercard, son calendrier suscite des inquiétudes. Weimert estime que les tensions géopolitiques pourraient s’intensifier avant que l’euro numérique ne soit opérationnel, soulignant l’urgence de trouver des solutions de paiement alternatives.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!
(ns)

