L’Espagne donne deux jours à l’Italie pour mettre fin aux contrôles aux frontières visant les voyageurs espagnols


Principaux renseignements

  • L’Espagne exige que l’Italie lève les contrôles frontaliers discriminatoires d’ici dimanche.
  • Des mesures de rétorsion se profilent si Rome ignore l’accord de Schengen.
  • Madrid rejette les justifications de l’Italie en matière d’immigration, les qualifiant de mensonges à motivation politique.

Madrid a fixé un délai strict à Rome, exigeant la levée des contrôles aux frontières pour les citoyens espagnols d’ici dimanche. Le gouvernement espagnol soutient que ces restrictions sont discriminatoires et violent les principes fondamentaux de l’accord de Schengen ainsi que les intérêts généraux de l’Union européenne. Si l’Italie ne se conforme pas à cette exigence, le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a menacé de mettre en œuvre des mesures de rétorsion « proportionnées », bien que la nature précise de ces mesures reste inconnue.

Justifications contestées

Dans une déclaration officielle publiée vendredi, l’Espagne a rejeté les arguments avancés par l’Italie pour justifier les mesures prises le 1er août, les qualifiant d’infondés et d’incompatibles avec les codes frontaliers en vigueur. Alors que Rome a invoqué un afflux de migrants à Ceuta comme motif de ces contrôles, qui touchent principalement les transports maritimes et aériens, l’Espagne estime que cette justification est erronée. Madrid a souligné que les personnes entrées illégalement à Ceuta n’ont jamais bénéficié de la libre circulation au sein de l’espace Schengen en raison du statut juridique particulier de la ville. De plus, l’Espagne a fait remarquer que la plupart de ces migrants ont déjà été expulsés vers le Maroc. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de menace réelle pour les autres pays de l’UE.

Données sur les migrations

Pour attiser encore davantage les tensions, l’Espagne a mis en avant des données de Frontex montrant que l’Italie a enregistré ces dernières années un nombre nettement plus élevé de franchissements illégaux de frontières que l’Espagne. Dans certains cas, ce nombre représentait même le double de celui observé en Espagne. Madrid a par ailleurs accusé Rome de ne pas respecter le règlement de Dublin depuis 2022, ce qui, dans les faits, fait peser une charge migratoire plus lourde sur les épaules de ses alliés européens.

Solidarité et motivations politiques

Le gouvernement espagnol a rappelé son propre historique de coopération, soulignant qu’il n’avait jamais imposé de contrôles aux frontières similaires lors des crises migratoires italiennes. Il a rappelé sa solidarité en 2023, lorsqu’il avait accueilli des migrants en provenance de Lampedusa et accueilli fréquemment des navires de sauvetage en provenance de la Méditerranée centrale. L’Espagne a conclu que les actions actuelles de l’Italie sont motivées par des ambitions politiques internes et des stratégies électorales plutôt que par de légitimes préoccupations sécuritaires, exprimant l’espoir que la diplomatie et l’unité européenne parviennent finalement à résoudre ce différend. (ev)

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