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Les voitures autonomes représentent-elles une menace pour les compagnies d’assurance?

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15/03/2015 | Arnaud Lefebvre | 7 min de lecture

Même si l’avènement d’un monde de voitures sans conducteur n’est peut-être pas encore pour demain, trois grandes compagnies d’assurance américaines ont fait part de leurs inquiétudes à ce propos, écrit The Guardian. Et ce n’est pas pour les raisons que l’on pourrait s’imaginer.

Ces trois compagnies ainsi qu’un constructeur de pièces automobiles ont évoqué la technologie des véhicules autonomes dans leurs de leurs rapports annuels il y a quelques semaines à la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers.

Dans la rubrique « Facteurs à risques », les trois sociétés – Cincinnati Financial, Mercury General et Travelers Compagnies – expliquent que l’autonomisation des véhicules pourrait affecter la marche de leurs affaires. Cincinnati prévoit une « désorganisation du marché de l’assurance causées par des innovations technologiques telles que les voitures sans conducteurs susceptibles de réduire la demande des consommateurs pour des produits d’assurance ». Par ailleurs, les compagnies d’assurance ne sont pas les seules à s’inquiéter. LKQ Corp, fabricant de pièces automobiles, estime que ce type de technologie innovatrice pourrait « réduire la quantité et la gravité des accidents, ce qui aurait des conséquences négatives considérables sur le marché ».

Cependant, les experts de l’industrie automobile et du secteur de l’assurance considèrent qu’il est encore trop tôt pour que les automobilistes se réjouissent et que les compagnies d’assurance s’inquiètent. Même si plusieurs sociétés dont Google et Uber développent actuellement leur propre véhicule sans conducteur, ces nouvelles fonctionnalités de conduite offertes par les robots ne sont pas pour demain.

« Il faut beaucoup de temps pour que de nouvelles fonctionnalités de sécurité pénètrent le parc automobile car les personnes gardent longtemps leur véhicule », explique Russ Rader, porte-parole de l’nsurance Institute for Highway Safety. « Même si une nouvelle fonctionnalité est autorisée par la réglementation fédérale, il faut 30 ans pour qu’elle concerne 95% des véhicules ».

Via ce raisonnement, l’expert estime que même si le gouvernement fédéral américain adoptait en 2030 une loi qui promulgue l’autonomisation de tous les nouveaux véhicules, les voitures et camions pilotés par des humains ne disparaîtraient qu’en 2060. Selon Robert Hartwig, président de l’Insurance Information Institute, il est impossible de dire comment sera l’industrie automobile dans 10 ans et il est peu probable que les voitures autonomes apparaissent sur nos routes avant 2020.

En outre, même si les voitures sans conducteurs serait susceptibles de représenter un problème futur, il reste encore beaucoup de temps pour discuter et affiner les implications réglementaires d’assurances pour cette technologie, explique Michelle Krebs, directeur du secteur automobile pour Autotrader Group.

Néanmoins, la technologie future d’autonomisation des véhicules est déjà en train de modifier le panorama actuel. Les systèmes d’évitement des collisions tels que le freinage automatique et les dispositifs de contrôle électronique de stabilité font partie des avancées de ce type de technologie de conduite autonome. « Cette technologie a rendu les véhicules plus sûrs et a réduit le nombre d’accidents sur les routes », explique Rader qui précise que malgré tout, les compagnies d’assurance se sont adaptées à ce changement.

Le freinage automatique est une des caractéristiques qui affectent déjà le secteur de l’assurance. Les demandes d’assurance pour des blessures relatives aux collisions – celles qui sont versées aux passagers du véhicule lors d’un accident – sont nettement inférieures pour des véhicules équipées du freinage automatique car, même si l’accident n’est pas évité, la vitesse d’impact est plus faible. Pour l’heure, il n’est pas encore possible de déterminer l’efficacité des systèmes d’alertes de sortie de voie, des dispositifs anti-angle mort et d’autres fonctionnalités de sécurité.

Le fait que l’automatisation devienne la norme n’aura pas que des bons côtés pour les automobilistes, avertit Hartwig. En effet, des véhicules de plus en plus sophistiqués sont aussi plus chers à réparer. Même si le nombre d’accidents est réduit, il y aura encore des collisions et des réparations seront nécessaires.

L’année dernière, Michael Cahill, professeur de droit à la Brooklyn Law School, avait expliqué que même si le développement des voitures autonomes vise à favoriser la sécurité dans le trafic et à limiter le nombre de victimes, dans certains cas, cela pourrait également jouer au détriment des occupants du véhicule. « Quand un danger est imminent, la technologie des voitures autonomes va, pour trouver une solution, se baser en théorie sur le nombre potentiel de victimes ». Ainsi, lors de telles collisions, il y aurait moins de victimes chez les autres usagers de la route que dans la voiture autonome en cause. Selon Cahill, les algorithmes d’optimisation des voitures autonomes vont envoyer presque systématiquement les voitures robotisées dans le plus gros véhicule afin de limiter le nombre d’autres victimes.

« Nous devons insuffler de la réalité dans cela parce que la pleine autonomie n’arrivera que dans un futur éloigné. Les pierres de fondations ont été posées sur la route. Désormais, nous devons encourager les constructeurs à rendre ces fonctionnalités largement disponibles, mais nous ne devons pas trop rêver à propos des voitures sans conducteur », conclut Hartwig.


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