Principaux renseignements
- Les villes européennes sont confrontées à une explosion démographique des rats et ont besoin de solutions efficaces.
- Selon les défenseurs des animaux, les méthodes d’empoisonnement traditionnelles s’avèrent inhumaines et inefficaces, tout en présentant un risque pour l’environnement.
- Le contrôle de la fertilité offre une alternative prometteuse et humaine pour réduire les populations de rats sans les tuer.
Les grandes villes européennes font face à une explosion démographique des rats. Dans des centres urbains comme Rome, Paris et Bruxelles, le nombre de rongeurs dépasse désormais plusieurs millions. Ces rongeurs sont de plus en plus fréquents dans les caves, les parcs et les ruelles, où ils cherchent de la nourriture et causent des nuisances publiques.
Une perception changeante
Autrefois associés à la peste, les rats suscitent aujourd’hui surtout du dégoût par leur présence massive. La question des rats devient un enjeu politique à Paris à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars. Des candidates comme Sarah Knafo, à droite, et Sophia Chikirou, à gauche, lient ce problème à l’hygiène urbaine et à la gestion des déchets. Bien que Chikirou prône des méthodes respectueuses du bien-être animal, aucun candidat n’évoque explicitement le contrôle de la fertilité. Cette nuisance nous impose un débat sur des moyens humains et efficaces pour gérer la population.
Une lutte respectueuse du bien-être animal
Les défenseurs du bien-être animal prônent une transition vers des solutions humaines et durables, comme le contrôle de la fertilité. Avec cette méthode, les rongeurs ingèrent des contraceptifs via des appâts. Cela réduit efficacement la population sans provoquer de morts.
Aujourd’hui, nous utilisons massivement les poisons traditionnels pour maîtriser les rats, mais cette approche montre ses limites. Le processus s’avère cruel car les animaux subissent une agonie de plusieurs jours avant de succomber. Entre-temps, les rats développent une résistance génétique à ces produits. Cela les rend inefficaces et pousse les exterminateurs à employer des substances chimiques toujours plus agressives.
Ces produits toxiques ne se limitent d’ailleurs pas à leur cible initiale. Ils empoisonnent toute la chaîne alimentaire et menacent directement des prédateurs comme les hiboux et les renards, mais aussi nos propres animaux de compagnie. De plus, la méthode produit souvent l’effet inverse de celui recherché. Dès que le poison élimine une partie de la population, les survivants réagissent en se reproduisant à une vitesse fulgurante pour occuper l’espace et les sources de nourriture disponibles.
Nécessité d’une nouvelle réglementation européenne
Les défenseurs du bien-être animal prônent une transition vers des solutions humaines et durables, comme le contrôle de la fertilité. Avec cette méthode, les rongeurs ingèrent des contraceptifs via des appâts. Cela réduit efficacement la population sans provoquer de morts. La réglementation européenne actuelle classe pourtant ces produits comme des biocides. Par conséquent, ils doivent satisfaire aux mêmes exigences de test strictes que les poisons mortels. Ces règles dressent un obstacle majeur à l’accès au marché.
Le Centre for Wild Animal Welfare (CWAW) qualifie le contrôle de la fertilité d’alternative prometteuse. Cette méthode respecte le bien-être animal, la protection de l’environnement et la santé publique. Ben Stevenson, du CWAW, explique à Euractiv qu’il existe de nombreuses autres manières de limiter la fertilité des rongeurs. Selon lui, ces pistes méritent d’être explorées en tant qu’alternatives humaines. L’organisation souligne d’ailleurs le succès de ContraPest aux États-Unis. Ce produit se décompose dans le corps du rat en composés non toxiques. (fc)
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