La Banque centrale européenne (BCE) a réduit ses taux directeurs pour la cinquième fois depuis cet été. C’est une mauvaise nouvelle pour les épargnants. En effet, les banques se basent sur ces taux à court terme pour fixer les taux d’épargne. Il y a donc de fortes chances qu’elles procèdent à des baisses de taux d’intérêt dans les mois à venir.
Principaux renseignements
- La BCE a réduit son taux directeur de 25 points de base. Cela augmente la probabilité que les banques réduisent à nouveau les taux d’épargne dans un avenir proche.
- Trade Republic a été la première institution financière à réagir à la baisse des taux d’intérêt. Elle a réduit de 3 à 2,75 pour cent la commission que les clients perçoivent sur le capital qu’ils n’investissent pas.
- Un assouplissement de la politique monétaire ne signifie pas encore que les prêts deviendront nettement moins chers. Les banques se basent sur les taux d’intérêt à long terme et ceux-ci viennent d’augmenter au cours du mois dernier.
Contexte : La BCE a baissé aujourd’hui ses taux d’intérêt de 25 points de base.
- Cela signifie notamment que le taux de dépôt – la commission que les banques centrales perçoivent sur les excédents de dépôts d’épargne qu’elles parquent auprès d’elles – sera désormais de 2,75 pour cent. Avant le début de l’été 2024, il était encore de 4 pour cent.
- Avec la baisse du taux de dépôt, les institutions financières ont moins de marge de manœuvre pour accorder une prime à leurs épargnants. Cela explique pourquoi presque toutes les banques ont réduit les taux d’épargne au cours des six derniers mois. Une précédente analyse de notre site montrait déjà que le taux d’épargne moyen avait baissé de 10 points de base au cours des six derniers mois.
Baisse des taux d’épargne dans un avenir proche
Dans l’actualité : Il est presque certain que les banques réduiront encore les taux d’épargne dans les semaines ou les mois à venir.
- Le courtier Trade Republic a déjà pris les devants. L’institution financière a réduit de 3 à 2,75 pour cent la commission que les clients perçoivent sur le capital qu’ils n’investissent pas. En effet, l’institution financière veut payer à ses clients la même commission que celle que les banques reçoivent de la BCE à tout moment.
- La baisse des taux d’intérêt devrait également donner plus d’oxygène à l’économie européenne, qui n’a pas connu de croissance au quatrième trimestre 2024. Comme notre épargne rapporte moins, nous serons enclins à dépenser ou à investir cet argent.
Des crédits moins chers?
Également ceci : Une politique monétaire moins restrictive a également un impact indirect sur les taux d’intérêt à long terme. Ceux-ci baissent lorsque les attentes augmentent quant à l’annonce par la BCE de nouvelles baisses de taux d’intérêt. Les banques se basent sur ces taux d’intérêt à long terme pour fixer le prix des prêts.
- L’institution monétaire s’attend déjà à un assouplissement des conditions de crédit. « Suite aux récentes baisses de taux d’intérêt du Conseil des gouverneurs, les nouveaux crédits deviendront progressivement moins coûteux pour les entreprises et les ménages », a déclaré la BCE dans une note relative à la décision sur les taux d’intérêt.
- Actuellement, les taux d’intérêt à long terme ne s’adoucissent pas. En effet, le taux belge à 10 ans est passé de 2,67 à 3,12 pour cent depuis le début du mois de décembre.
- Cela a déjà entraîné une légère hausse des taux hypothécaires, comme le montre le baromètre des taux d’intérêt d’Immotheker. Le prix d’un prêt résidentiel fixe d’une durée de 25 ans et d’un taux (le rapport entre le montant du prêt et la valeur actuelle d’une maison) de plus de 80 pour cent a augmenté de 3,17 à 3,21 pour cent au cours de la même période.
- La BCE confirme que les conditions de financement sont assez strictes à ce jour. « Cela s’explique par le fait que la politique monétaire est toujours restrictive et que les hausses de taux d’intérêt passées continuent d’affecter les prêts en cours, certains prêts arrivant à échéance se transformant en nouveaux prêts à des taux d’intérêt plus élevés », a clarifié l’institution monétaire.
- L’expert financier Stefan Willems, qui s’est exprimé sur notre site en décembre, a déclaré qu’il ne fallait pas compter immédiatement sur des prêts nettement moins chers. Il a fait remarquer que les taux d’intérêt à long terme dépendent d’autres facteurs que la politique monétaire de la BCE.
- « 2025 pourrait être décevant pour les emprunteurs », disait-il alors. « Les banques basent leurs prêts sur les taux d’intérêt à long terme. Il y a une chance réaliste que ceux-ci ne baissent pas aussi vite que les taux à court terme en raison de l’incertitude qui règne dans notre secteur. Je pense notamment à l’impact sur l’UE des politiques que le président américain Donald Trump souhaite mettre en œuvre. »