Les Saoudiennes pourront désormais créer leur entreprise sans le consentement de leur mari

Les Saoudiennes pourront désormais créer leur entreprise sans l’autorisation de leur mari ou d’un parent masculin, rapporte The Telegraph. C’est le résultat d’une nouvelle modification de la législation apportée par le gouvernement saoudien jeudi dernier.

L’information est d’autant plus remarquable, qu’en Arabie Saoudite, les femmes sont obligées d’obtenir l’autorisation d’un « tuteur » masculin, le plus souvent leur mari, un frère ou leur père, pour remplir toute formalité administrative, voyager, ou s’inscrire à une formation.

« Les femmes peuvent maintenant lancer leur propre entreprise et bénéficier des e-services [gouvernementaux pour remplir les formalités administratives correspondantes] sans avoir à démontrer qu’elles ont obtenu le consentement d’un tuteur », peut-on lire sur le site du ministère du Commerce et de l’investissement saoudien.

Un vent de réformes

Au mois de septembre, le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui est âgé de 32 ans, avait également levé l’interdiction de conduire qui s’adressait aux femmes, une étape importante pour leur émancipation. Un peu plus tard, il les avait autorisées à assister aux événements sportifs dans 3 stades du pays, et d’assister aux concerts.

Le 23 septembre dernier, jour de la fête nationale saoudienne, on a même vu des femmes et des hommes danser ensemble dans les rues saoudiennes, une activité normalement impossible dans un pays qui interdit la mixité.

« Vision 2030 »

Toutes ces mesures s’intègrent dans une vague de réformes entreprises par le jeune prince Mohammed ben Salmane (il est âgé de 32 ans) pour moderniser le pays. Celles-ci comprennent également un volet économique. En 2016, le prince héritier a présenté  « Vision 2030 », un plan destiné à diversifier l’économie saoudienne. Dans ce plan, les femmes sont appelées à jouer un rôle plus important sur le marché du travail.

Actuellement, les saoudiennes ne représentent que 22 % des actifs saoudiens, mais le gouvernement saoudien souhaiterait que cette proportion grimpe à près d’un tiers.

Le ministère public d’Arabie Saoudite a également annoncé ce mois-ci qu’il allait commencer à recruter des enquêtrices pour la première fois de l’histoire. De même, le royaume a créé 140 postes pour des femmes dans les aéroports, et les postes frontières. Là encore, c’est une première qui a suscité un vif engouement, puisque 107 000 candidates  ont postulé pour ces emplois.

Lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une conférence économique à Riyad en octobre 2017, le prince Mohammed ben Salmane (souvent surnommé MBS) a affirmé que le pays ferait tout pour éradiquer l’extrémisme. Il a également promis de ramener le pays à un islam modéré et ouvert au monde, mené une campagne de grande ampleur contre la corruption, et entrepris une vague de réformes pour moderniser le pays.

L’Arabie saoudite doit diversifier son économie

Jusqu’ici, l’économie de l’Arabie Saoudite reposait presque exclusivement sur le pétrole.

Mais la production de pétrole du pays est maintenant dépassée par celle des Etats-Unis. L’accord anti-nucléaire conclu avec l’Iran, qui est assorti d’une levée de l’embargo qui frappait ce pays, a aussi fait entrer ce dernier sur le marché du pétrole.

En outre, les membres de l’OPEP ne sont plus aussi disciplinés qu’ils avaient pu l’être auparavant, et le cours de l’or noir n’est donc plus aussi prévisible.

Tout ceci explique le désir de l’Arabie saoudite de surmonter sa grande dépendance à l’égard de cette ressource.

Toutes ces réformes et évolutions peuvent donc être interprétées comme une tentative pour moderniser le pays redorer son image pour convaincre les investisseurs.