Les sanctions paralysent les revenus pétroliers de la Russie


Principaux renseignements

  • Des sanctions plus strictes et la réticence des acheteurs réduisent considérablement les revenus pétroliers de la Russie.
  • La pression internationale oblige les principaux importateurs, comme l’Inde, à réduire leur dépendance au pétrole brut russe.
  • Face à la baisse de ses revenus, le Kremlin recourt à des mesures d’austérité qui risquent d’aggraver l’instabilité économique.

Les revenus pétroliers de la Russie, qui constituaient auparavant une bouée de sauvetage pour son économie, ont chuté en raison d’une combinaison de facteurs. Le Kremlin est désormais confronté à une pression financière croissante à mesure que les sanctions se durcissent et que les dépenses liées à la guerre augmentent.

Baisse des revenus pétroliers

Les nouvelles sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne, ainsi que le contrôle accru des pétroliers transportant du pétrole russe, ont considérablement réduit les revenus de Moscou. Ces mesures visent les plus grandes compagnies pétrolières russes et interdisent l’importation de carburants raffinés à partir de pétrole brut russe. L’UE propose une interdiction totale des services de transport maritime pour le pétrole russe. Cette mesure vise à contraindre la Russie à mettre fin aux hostilités en Ukraine.

Les sanctions précédentes, telles que le plafonnement des prix décidé par le G7, visaient à réduire les profits sans pour autant mettre fin aux importations. Cependant, la Russie a mis en place une « flotte fantôme » de pétroliers opérant en dehors du champ d’application du plafonnement, atténuant temporairement l’impact de ces mesures.

La baisse des revenus pétroliers a contraint le Kremlin à mettre en œuvre des mesures d’austérité. Des hausses d’impôts sont mises en place pour combler le déficit budgétaire. Un recours accru aux emprunts auprès des banques nationales est également utilisé. Ce déficit est causé par la baisse des recettes et le ralentissement de la croissance économique.

Si ces mesures apportent une solution temporaire, l’augmentation des impôts peut freiner davantage la croissance économique, tandis que l’augmentation des emprunts risque d’exacerber l’inflation, actuellement maîtrisée grâce à des taux d’intérêt élevés.

Pression sur les principaux importateurs

Sous l’administration Biden, les États-Unis ont exercé une pression supplémentaire sur l’Inde, grand importateur de pétrole brut russe. L’objectif était de l’inciter à réduire sa dépendance à l’égard de l’énergie russe. Bien que l’Inde n’ait pas officiellement confirmé son engagement, des données récentes suggèrent une baisse des livraisons de pétrole russe vers ce pays.

 Les efforts internationaux visant à freiner le commerce du pétrole russe comprennent des sanctions contre les pétroliers individuels. Ces sanctions visent ceux opérant en dehors des réglementations établies. Ils incluent également un contrôle accru des transactions impliquant l’énergie russe.  Les acheteurs sont de plus en plus méfiants quant aux répercussions juridiques potentielles. Ils exigent donc des remises plus importantes sur le pétrole brut russe. Cette situation réduit encore les revenus de Moscou.

Impact sur l’effort de guerre

Les sanctions et les dépenses de guerre affaiblissent l’économie russe, ce qui remet en question sa capacité à soutenir le conflit en cours. Un arrêt complet des hostilités en raison de contraintes financières semble peu probable. Toutefois, le Kremlin pourrait être contraint de reconsidérer son approche. Il pourrait alors opter pour une campagne moins intense, centrée sur des objectifs stratégiques spécifiques.

(JW)

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