Les recettes russes issues des combustibles fossiles augmentent fortement malgré les sanctions internationales


Principaux renseignements

  • Les recettes de la Russie issues des combustibles fossiles ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre en Iran.
  • La décision des États-Unis d’assouplir temporairement les sanctions sur l’achat de pétrole russe a été critiquée, car elle pourrait profiter financièrement à Moscou.
  • L’Inde et la Chine restent les principaux acheteurs de pétrole russe, l’Inde représentant à elle seule une part considérable des recettes.

Le conflit en Iran a entraîné une forte hausse des prix mondiaux du pétrole. Cela profite aux grands exportateurs tels que la Russie, malgré les sanctions internationales. Les données montrent que les recettes de la Russie issues des combustibles fossiles ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre. C’est ce que rapporte Euronews.

Au cours des 15 premiers jours de mars, Moscou a tiré en moyenne 372 millions d’euros par jour de ses exportations de pétrole, soit une hausse de 14 pour cent par rapport aux chiffres de février. Au total, la Russie a engrangé 7,7 milliards d’euros grâce à ses exportations de combustibles fossiles entre le 1er et le 15 mars, soit une moyenne d’environ 513 millions d’euros par jour.

Le conflit en cours a perturbé les livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz, un point de passage crucial, contribuant ainsi à la flambée des prix. Cette tendance se traduit par des recettes plus élevées pour les pays producteurs de pétrole comme la Russie.

Assouplissement des sanctions

Alors que les États-Unis avaient imposé des sanctions à la Russie à la suite de son invasion de l’Ukraine en 2022, les événements récents ont conduit à un assouplissement de ces mesures. Le département américain du Trésor a accordé une dérogation temporaire pour l’achat de pétrole russe se trouvant déjà en mer. Cette décision a été critiquée par les dirigeants européens. Ils affirment qu’un tel assouplissement pourrait renforcer le trésor de guerre de la Russie.

Les États-Unis justifient cette mesure comme étant nécessaire pour stabiliser les marchés énergétiques mondiaux et contenir les prix. Les analystes suggèrent toutefois que la hausse des prix du pétrole et la demande soutenue pourraient encore profiter considérablement à la Russie sur le plan financier. Des acheteurs tels que l’Inde jouent notamment un rôle à cet égard.

L’Inde et la Chine, principaux acheteurs

L’Inde, avec la Chine, représente la majeure partie des recettes pétrolières de la Russie, l’Inde ayant à elle seule acheté pour environ 1,3 milliard d’euros de combustibles fossiles russes entre le 1er et le 15 mars.

La décision américaine d’assouplir les sanctions a créé une fracture entre les alliés transatlantiques. Les dirigeants européens restent déterminés à maintenir des sanctions strictes contre la Russie malgré les inquiétudes concernant d’éventuelles crises énergétiques déclenchées par la flambée des prix. Des personnalités clés telles qu’Ursula von der Leyen, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont plaidé en faveur du maintien du régime de sanctions existant.

La Hongrie appelle à la suspension

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán fait figure d’exception. Il appelle à la suspension des sanctions sur les importations d’énergie russe en raison des répercussions attendues sur les coûts énergétiques européens. Transport and Environment, un groupe de réflexion promouvant les transports durables en Europe, prévient que les automobilistes pourraient être confrontés à des prix du carburant rappelant ceux de 2022. À l’époque, l’invasion russe avait bouleversé les marchés mondiaux.

Depuis 2022, l’UE s’efforce activement de réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes. L’UE achète encore quotidiennement pour environ 50 millions d’euros de combustibles fossiles russes. Il s’agit principalement de gaz acheminé par des gazoducs exemptés de sanctions. Cela représente toutefois une forte baisse par rapport à 2021, année où la Russie fournissait 45 pour cent du gaz et 27 pour cent du pétrole de l’UE. (jv)

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