Les pressions de la Maison Blanche permettent à une entreprise liée à Trump Jr. d’obtenir un prêt de 620 millions de dollars


Principaux renseignements

  • Le Pentagone a accordé un prêt de 620 millions de dollars (532 millions d’euros) à Vulcan Elements après avoir subi des pressions directes de la Maison Blanche.
  • La société de capital-risque de Donald Trump Jr. a vu sa valorisation augmenter de plusieurs milliards grâce à cet accord gouvernemental spécifique.
  • Des sources au sein du Pentagone ont fait état d’une précipitation inhabituelle pour conclure l’accord.

Le ministère de la Défense a récemment accordé un prêt de 620 millions de dollars à Vulcan Elements, une petite start-up de Caroline du Nord spécialisée dans les aimants en terres rares. Alors que le Pentagone et l’entreprise ont nié tout favoritisme politique, et que Donald Trump Jr. a affirmé n’être en rien impliqué, des documents internes et des témoignages suggèrent le contraire. Des preuves indiquent que ce prêt a été initié par Peter Navarro, conseiller à la Maison Blanche et proche collaborateur de Trump Jr.

Pression inhabituelle de la Maison Blanche

Contrairement aux autres entreprises envisagées, Vulcan était la seule dont le financement avait été initié par un haut conseiller présidentiel. Des sources au sein du Pentagone ont décrit une précipitation inhabituelle pour finaliser l’accord, notant que le personnel avait travaillé sans relâche pendant plusieurs semaines pour répondre à la demande de la Maison Blanche de conclure rapidement l’accord.

Ce cas constitue un exemple rare où un contrat fédéral a pu être directement attribué à une ingérence de la Maison Blanche, ce qui alimente les inquiétudes persistantes concernant les conflits d’intérêts au sein de l’administration.

Un accord aux répercussions financières considérables

L’impact financier de l’accord a été considérable. Vulcan, qui n’était opérationnelle que depuis deux ans et disposait auparavant d’un financement minime, a vu sa valorisation passer d’environ 200 millions de dollars (171 millions d’euros) à environ 2 milliards de dollars (1,71 milliard d’euros). Cette manne a directement profité à 1789 Capital, la société de capital-risque dont Trump Jr. est associé, car celle-ci avait acquis une participation dans Vulcan peu avant l’annonce du prêt gouvernemental.

Par ailleurs, d’autres entreprises liées à Trump Jr., telles qu’un fabricant de pièces pour drones, feraient actuellement l’objet d’un examen en vue d’un financement similaire.

Liens étroits

La relation entre Navarro et Trump Jr. est particulièrement étroite ; les deux hommes se sont soutenus mutuellement lors de batailles juridiques et d’apparitions publiques. Quelques jours seulement avant l’annonce de l’accord avec Vulcan, Trump Jr. a reçu Navarro sur sa plateforme de streaming.

Alors que la Maison Blanche soutient que ces actions visent à sécuriser la chaîne d’approvisionnement minière américaine à la « vitesse Trump », les experts en éthique affirment qu’une telle intervention des conseillers présidentiels dans les prêts accordés par une agence constitue une forme de corruption.

Demande issue du réseautage personnel

Le financement a été géré par l’Office of Strategic Capital, qui vise à mettre fin à la dépendance des États-Unis vis-à-vis de la Chine pour les minéraux critiques essentiels à l’armement de haute technologie, tels que les avions F-35 et les missiles Tomahawk. Sous l’administration actuelle, ce bureau a vu son pouvoir de prêt passer de 1 milliard (860 millions d’euros) à 200 milliards de dollars (171 milliards d’euros).

Cependant, le processus est passé d’un système transparent, fondé sur des demandes, à un système guidé par des réseaux personnels et laissé à la discrétion d’anciens cadres de Wall Street qui dirigent désormais ce bureau.

Une forte opposition politique

L’accord Vulcan a suscité un vif tollé politique. Les législateurs démocrates ont demandé des comptes sur le processus d’attribution, suggérant que des conflits d’intérêts pourraient entraîner un gaspillage des deniers publics.

Alors que le Pentagone soutient que les relations politiques n’influencent pas ses décisions, les dirigeants du secteur ont fait remarquer que « qui vous connaissez » semble être le principal facteur permettant d’obtenir le soutien du gouvernement dans le contexte actuel. (fc)

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