Les préparatifs d’un embargo pétrolier contre la Russie vont bon train à Bruxelles… mais attendons d’abord les élections présidentielles françaises

Le gouvernement belge n’y est pas favorable, mais il est plus que probable que des sanctions supplémentaires seront bientôt imposées à l’approvisionnement énergétique de l’Europe par la Russie.

  • Dans les couloirs européens, on entend dire que l’on travaille sur des textes visant à instaurer un embargo sur le pétrole russe. La semaine dernière, le Parlement européen a appelé à l’arrêt complet du pétrole et de gaz en provenance de Russie et a voté à une écrasante majorité en faveur de cette mesure. Ils regardent donc avec impatience la Commission qui, même avec Ursula von der Leyen comme présidente et Josep Borrell comme Haut représentant pour les affaires étrangères, a fait à plusieurs reprises des déclarations féroces à cet effet.
  • Un arrêt progressif serait désormais envisagé, afin de donner à l’Allemagne et aux autres pays de l’UE le temps de trouver de nouveaux fournisseurs. Un embargo similaire sur le charbon en provenance de Russie a déjà été introduit le mois dernier, avec une période d’expiration de quatre mois.
  • Détail piquant, selon un diplomate : la dernière série de sanctions n’interviendra qu’après l’élection présidentielle française, soupçonne-t-on. La raison en est simple : personne ne veut imposer au candidat présidentiel et dirigeant sortant Emmanuel Macron une nouvelle hausse brutale des prix (qui suivrait l’annonce d’un embargo), au moment où il est dans la dernière ligne droite de sa réélection.
  • Une nouvelle poussée à la pompe pourrait donner un coup de pouce à Marine Le Pen, son adversaire d’extrême droite, d’ailleurs plutôt favorable à la Russie.
  • Il faudra donc probablement attendre le 24 avril, jour des élections présidentielles françaises, pour que la discussion sur un embargo sur le pétrole puisse réellement démarrer. S’il semble avoir un consensus sur le pétrole, ce n’est pas encore le cas pour le gaz. Car l’économie européenne, notamment l’Allemagne, est encore plus dépendante de ce gaz russe que du pétrole de ce pays.
  • Un rapport de cinq économistes allemands de premier plan a suggéré cette semaine qu’une grave récession nous attendrait si le robinet à gaz de l’Allemagne était effectivement fermé.
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