Les pays d’Europe de l’Est veulent davantage influencer la politique monétaire de la BCE


Principaux renseignements

  • Les pays d’Europe de l’Est font pression pour être mieux représentés aux plus hauts niveaux de la Banque centrale européenne.
  • Malgré les disparités économiques et les défis historiques, l’élan en faveur d’une représentation plus large se renforce au sein du processus de sélection de la BCE.
  • Le gouverneur de la banque centrale croate, Boris Vujcic, apparaît comme un candidat sérieux à la vice-présidence.

Les pays d’Europe de l’Est expriment de plus en plus leur désir d’être représentés aux plus hauts niveaux de la Banque centrale européenne (BCE). Le mandat de vice-président de Luis de Guindos s’achevant en mai, des candidats d’Estonie, de Lettonie et de Croatie sont entrés dans la course. Même s’ils n’obtiennent pas la vice-présidence cette fois-ci, trois nouveaux postes seront à pourvoir au sein du directoire, qui compte six membres, d’ici la fin de l’année 2027.

Présence croissante des pays d’Europe de l’Est

Les partisans de cette solution affirment que la présence croissante de l’Europe de l’Est au sein de la zone euro justifie une voix plus forte dans le processus décisionnel de la BCE. L’adoption récente de l’euro par la Bulgarie signifie qu’un tiers des membres de l’union monétaire proviennent de la région, qui faisait auparavant partie du bloc soviétique.

Toutefois, le chemin à parcourir pour obtenir un siège au conseil d’administration est semé d’embûches. Les pays d’Europe occidentale exercent une influence économique nettement plus importante. L’absence d’un candidat unifié pour l’Europe de l’Est pourrait disperser le soutien des décideurs. En outre, des candidats de poids comme Olli Rehn, directeur de la banque centrale de Finlande et ancien commissaire européen, et Mario Centeno, du Portugal, sont également en lice pour la vice-présidence.

L’élan vers le changement

Malgré ces obstacles, le mouvement en faveur d’une représentation plus large au sein de la BCE prend de l’ampleur. Près de vingt ans après le début de l’expansion de l’euro vers l’Est, nombreux sont ceux qui pensent que la direction de la BCE devrait refléter l’évolution démographique de l’union monétaire. Cela implique de trouver un équilibre entre des facteurs tels que la taille des pays et les opinions en matière de politique monétaire dans le processus de sélection.

Les pays d’Europe de l’Est affirment qu’ils ont été négligés non seulement à la BCE, mais aussi dans d’autres institutions de l’UE. La question a attiré l’attention du Parlement européen, qui auditionne les candidats au conseil d’administration de la BCE et peut retarder les nominations. Bien qu’ils ne disposent pas d’un droit de veto, les parlementaires expriment de plus en plus leur inquiétude quant à la sous-représentation de l’Europe centrale et orientale.

Réussites

Bien qu’aucun candidat de la région n’ait encore obtenu un siège au conseil d’administration, d’autres fonctionnaires ont réussi à Bruxelles et au-delà. Il s’agit notamment de Valdis Dombrovskis, commissaire européen depuis 2014, de Kaja Kallas, actuelle haute représentante de l’Estonie pour les affaires étrangères dans l’UE, et de Kristalina Georgieva, directrice du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

Néanmoins, des défis subsistent. Les scandales de blanchiment d’argent dans les pays baltes et les condamnations pour corruption de gouverneurs lettons et slovaques ont jeté une ombre sur la région. Les récents troubles politiques en Bulgarie soulignent encore davantage l’instabilité potentielle.

Dispersion économique

La taille économique relativement plus modeste des pays d’Europe de l’Est membres de la zone euro par rapport à des géants comme l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne constitue un autre obstacle. Traditionnellement, les plus grandes économies exigent d’être représentées au sein du conseil d’administration de la BCE, ce qui rend difficile la satisfaction des aspirations de chacun en matière de nomination.

Malgré ces obstacles, certains analystes estiment qu’un candidat d’Europe de l’Est a de réelles chances cette fois-ci. Le gouverneur de la banque centrale croate, Boris Vujcic, est considéré comme un favori par rapport à ses homologues letton et estonien. Sa capacité à représenter efficacement les intérêts de la région pourrait être décisive. Une décision sur la vice-présidence devrait être prise dans les semaines qui suivent la date limite de dépôt des candidatures fixée au 9 janvier.

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(ns) (uv)

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