Les pays délaissent le dollar et se tournent de plus en plus vers l’or


Principaux renseignements

  • Les nations réduisent activement leur dépendance vis-à-vis du dollar américain, ce qui entraîne une montée en puissance de la dédollarisation.
  • L’or connaît une forte hausse en tant que valeur refuge en raison des inquiétudes liées à la stabilité monétaire et aux risques géopolitiques.
  • Un système monétaire multipolaire intégrant plusieurs monnaies de réserve et un usage accru de l’or semble être l’avenir probable.

Le paysage financier mondial connaît une profonde mutation. Actuellement, les pays s’emploient activement à réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar américain. Ce processus est connu sous le nom de « dédollarisation ». Cette tendance coïncide avec le regain d’intérêt pour l’or en tant que valeur refuge. Les inquiétudes concernant la stabilité monétaire, la viabilité des finances publiques et l’utilisation des systèmes monétaires à des fins géopolitiques alimentent celle-ci.

Allocation des réserves

L’impact de la dédollarisation est évident dans les stratégies d’allocation des réserves des banques centrales. Les données du Fonds monétaire international révèlent une baisse systématique des avoirs en dollars tandis que la part de l’or a considérablement augmenté, indiquant une préférence croissante pour les couvertures contre l’inflation au-delà des monnaies traditionnelles. Ce changement est particulièrement prononcé dans les pays d’Asie et du Moyen-Orient.

Les achats d’or record effectués par les banques centrales témoignent également de cette tendance. Les institutions accumulent de l’or pour se prémunir contre les risques systémiques susceptibles de toucher plusieurs devises à la fois. Les inquiétudes liées aux risques de contrepartie, à l’instabilité monétaire et aux taux d’intérêt réels négatifs les motivent.

L’or, valeur refuge

L’attrait de l’or en tant qu’actif refuge est encore renforcé par la perte de crédibilité des bons du Trésor en tant qu’investissements fiables en période de tensions géopolitiques. La hausse des rendements en période de crise indique que les investisseurs perçoivent désormais les bons du Trésor comme des actifs à risque plutôt que comme des valeurs refuges, ce qui met en évidence les inquiétudes concernant la viabilité budgétaire et les anticipations inflationnistes.

La dynamique du marché de l’énergie joue également un rôle crucial dans les pressions de dédollarisation. Le système des pétrodollars a longtemps soutenu la demande mondiale de dollars. Il y est parvenu en exigeant que les transactions pétrolières soient réglées en devise américaine. Actuellement, ce système est confronté à des tensions structurelles. En raison de la hausse des prix de l’énergie, les pays importateurs d’énergie sont contraints de vendre leurs actifs libellés en dollars pour financer leurs achats.En période de crise énergétique, cela exerce une pression à la vente sur les obligations d’État.

Aujourd’hui, à 11 h 15, le cours de l’or au comptant s’établissait à 4 662,52 dollars l’once et celui des contrats à terme sur l’or à 4 664,39 dollars.

Réalités budgétaires

Les réalités budgétaires contribuent encore davantage à la vulnérabilité du dollar. La dette publique des États-Unis continue d’augmenter plus rapidement que la croissance économique. Cela suscite des inquiétudes chez les créanciers internationaux quant à sa viabilité. La hausse des charges d’intérêt sur la dette publique aggrave encore davantage le déficit budgétaire. Cela entraîne une restriction des dépenses publiques. De plus, cela limite la marge de manœuvre politique.

Les tensions géopolitiques accentuent ces tendances. Les pays recherchent des alternatives aux actifs libellés en dollars, par crainte des sanctions et de l’utilisation du système financier comme arme. La nature physique de l’or et l’absence de risque de contrepartie le rendent particulièrement attractif dans ce contexte.

Les prévisions professionnelles sur le cours de l’or reflètent un large consensus parmi les principales institutions financières quant à la trajectoire positive du métal. Le consensus suggère une fourchette de prix potentielle comprise entre 5 400 et 6 200 dollars, ce qui représente une hausse substantielle par rapport aux niveaux actuels. Les investisseurs se positionnent de plus en plus en vue d’une dédollarisation en diversifiant leurs portefeuilles avec des allocations en or allant de 5 pour cent à 20 pour cent, en fonction de leur tolérance au risque et de leur horizon d’investissement.

(jw)(fc)

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