Principaux renseignements
- Les Pays-Bas font passer leur système de retraite, d’une valeur de 1 800 milliards d’euros, d’un système de paiements garantis à un système de comptes d’investissement individuels.
- La réforme maintient une forme de partage collectif des risques, ce qui permet aux actifs de retraite de croître collectivement et d’éviter le transfert automatique en cas de décès.
- Les fonds de pension sont encouragés à investir davantage dans des actifs plus risqués tels que le capital-investissement et le crédit, afin d’augmenter les rendements sans perdre de vue la stabilité.
Les Pays-Bas ont profondément modifié leur système de retraite, qui représente 1 800 milliards d’euros, rapporte le Financial Times. Ce remaniement consiste à passer de versements garantis à des comptes d’investissement individuels, ce qui pourrait augmenter les versements pour des millions d’épargnants.
À partir de janvier, des fonds représentant près d’un tiers des actifs de retraite du pays passeront d’un système à prestations définies à un modèle à cotisations définies. Dans ce nouveau système, les revenus fluctuent en fonction de la performance du fonds. Ce changement fait suite à plus d’une décennie de planification et vise à assurer la pérennité du système de retraite néerlandais pour les générations à venir, au fur et à mesure du vieillissement de la population.
Partage collectif des risques
La transition prévoit un élément collectif dans la plupart des régimes, empêchant le transfert automatique des avoirs de retraite individuels aux bénéficiaires en cas de décès. Cette approche favorise le partage des risques et permet à l’ensemble des actifs de croître, ce qui se traduit par des pensions plus élevées.
À l’heure actuelle, de nombreux régimes de retraite néerlandais affichent d’importants excédents, ce qui signifie que leurs actifs sont supérieurs aux ressources nécessaires pour effectuer les paiements. Cet excédent permet d’augmenter les pensions actuelles dans le cadre du nouveau système, où tous les actifs sont alloués aux affiliés.
Équilibre entre rendement et stabilité
Même si tous les excédents ne se traduiront pas par des pensions plus élevées, une réserve est maintenue pour lisser les paiements en cas de baisse des marchés. La transition encourage également les fonds de pension néerlandais à investir davantage dans des actifs plus risqués offrant un potentiel de rendement plus élevé. Dans le même temps, ils investiront moins dans les titres de créance, qui génèrent traditionnellement les revenus destinés au paiement des pensions dues.
Ce changement devrait entraîner une augmentation des investissements du système dans le capital-investissement et les crédits. Cette augmentation sera d’environ 5 points de pourcentage, soit 90 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années. À l’inverse, les avoirs en obligations d’État à long terme devraient diminuer de 64 milliards d’euros pendant la transition, qui devrait s’achever en 2028.
Défis et préoccupations
Bien que le système de retraite soit considéré comme l’un des meilleurs d’Europe, certaines préoccupations subsistent. La transition est complexe et il existe un risque d’erreurs dans le calcul des prestations. Les problèmes de qualité des données des décennies passées, en particulier dans les secteurs comptant de nombreuses petites entreprises qui ont été lentes à adopter des systèmes de paie informatisés, pourraient conduire à des inexactitudes.
Certains experts prévoient également une baisse des taux de cotisation, à mesure que le secteur évolue vers une moyenne mondiale. Cela pourrait rendre les futurs retraités plus vulnérables à l’inflation. (jv)
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